9 juin 2009
Europe Écologie devant le Parti socialiste: les élections européennes se traduisent par un mini-séisme à Quimperlé, ville où par ailleurs le vote de gauche reste largement majoritaire.
Même si la liste UMP est en tête avec 24,3% des suffrages, et même si une très forte abstention (60%) impose de prendre les résultats avec de très grosses pincettes, l'événement, c'est bien sûr le score des Verts, soutenus par les régionalistes de gauche: 19%, contre 18,9% au PS. Il s'agit d'une étonnante résurrection: il y a deux ans à peine, lors du premier tour de la présidentielle 2007, Dominique Voynet culminait à... 2,43% (José Bové à 2%), tandis que SégolèneRoyal obtenait 31,17%.
Des dégâts au centre
Nul doute qu'une bonne partie de l'électorat socialiste s'est laissé tenter cette fois par le vote écologiste. Mais les listes vertes ont fait des dégâts également au centre: il faut se souvenir qu'en 2007, François Bayrou avait obtenu ici... 21,55%, alors que le MoDem est aujourd'hui à 7,8%; un parti dont les militants ont pourtant contribué largement à la victoire d'Alain Pennec aux dernières municipales. Il faut toutefois préciser qu'il ne serait pas totalement injustifié d'intégrer à la mouvance centriste les 3,8% obtenus par la liste «écolo» indépendante et les 3,2% obtenus par le Parti breton. Autre constat important de ce scrutin: le NPA de Besancenot obtient cette fois seulement 7,1% des voix. C'est un peu mieux que le résultat national, mais c'est beaucoup moins bien que les spectaculaires 15,29% recueillis par la liste Rudwill au premier tour des municipales. Les trotskistes (en comptant Lutte Ouvrière) reviennent en fait à leur niveau de 2007. Il faut dire à leur décharge que le Front de gauche, concurrent potentiel, a obtenu dimanche le score assez flatteur de 6,45%; alors que le PC était à 2,75% aux présidentielles.
L'extrême-droite grignotée
Et à droite de l'échiquier? Comme on l'a dit, les sympathisants de l'UMP peuvent se féliciter que leur liste arrive en tête, avec un résultat (24,3%) supérieur à celui qu'avait obtenu Sarkozy au 1er tour des présidentielles (22,9%, contre 40% au 2e tour). Il semble que l'UMP continue ici à grignoter sur l'extrême-droite. En 2007, le FN et De Villiers atteignaient 7,90%. Ils sont aujourd'hui à environ 6%. Globalement, l'ensemble des listes de gauche (en comptant donc les Verts et les trotskistes) atteint les 52,5%, tandis que l'ensemble de la droite et de l'extrême-droite culmine ici à 32,4%, et que le vote centriste tourne autour de 10%. Quimperlé a toujours le coeur à gauche, c'est incontestable; même si c'est un coeur à ventricules multiples...
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