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Morbihan

Art Rock. 66.000 au compteur

1 juin 2009

Anaïs et ses amours sauvagement contrariées, CirKus et une Neneh chérie du public, un concours d'Air guitar monstrueux de déconnade et un public gonflé à bloc avant le set très attendu de... Bloc Party: hier à Saint-Brieuc, le 26e festival Art Rock s'est refermé comme il s'est ouvert: dans la joie.

Photo Ciryl Frionnet

«Je suis vachement heureux. Un peu fébrile, mais vachement heureux». 20h, hier. Jean-Michel Boinet, directeur artistique et fondateur du festival Art Rock voici 26 ans, a le sourire jusqu'aux oreilles. 66.000 spectateurs déclarés (un record), une météo au beau fixe (une performance) et des artistes heureux (une constante): il n'en fallait pas davantage pour satisfaire le maître de cérémonie, pressé d'afficher la couleur.

Carte blanche à Eagle Eye

Un dimanche radieux, en famille (même nombreuse), n'est, en effet, pas de ces rendez-vous que l'on boude en terre briochine. Dès 15h, le barnum costarmoricain a vibré au rythme des douces mélopées de CirKus, le groupe articulé autour de Neneh Cherry, Cameron McVey, son compagnon, Lolita Moon, sa fille, et Matt Karmill, son beau-fils. Pour l'occasion, Eagle Eye, le frangin invité pour une carte blanche classieuse en diable, avait aussi fait le voyage depuis Stockholm. Pas rien. Un show à guichet fermé, comme on pouvait s'y attendre, mais les déçus ne perdaient rien pour attendre. Car, à deux pâtés de maison de là, sur la place du Chai, des apprentis artistes avaient de la folie à revendre, pour la plus grande joie d'une large galerie, qui a pu se bidonner pour pas un rond. Concours d'Air guitar oblige, adolescents chevelus, adulescents hirsutes et inconséquents sans âge se disputaient en public le titre de meilleur rockeur sans instrument. Chauffés à blanc par le play-back des Airnadettes, combo loufoque composé de six comédiens dingos aux tenues de scène aussi ringardes que sexy, les festivaliers ont savouré une singerie qui aurait pu consacrer deux mômes qui ne manquaient pas de toupet. Léo, de Guingamp (15 ans) et sa diablesse de cousine Goa(12 ans, de Plénée-Jugon) ont montré qu'aux âmes bien nées, la valeur n'attendait pas le nombre des années.

Pas «cheap» pour deux sous

Las pour les duettistes auto-baptisés Satanas et Belzébuth, leur show d'enfer s'en est trouvé vaincu par la prestation méphistélique d'un autre sale gosse, Vincent, 17 ans, vainqueur à l'arraché dans un flot de décibels. Des watts que n'a pas non plus boudés Anaïs, dont les romances parfumées au rock du quotidien ont été, vers 20h, distillées à grand renfort de riffs cinglants. Point d'orgue de ce show pas «Cheap» pour deux sous, «Mon coeur, mon amour» introduit par, excusez du peu, un emprunt à AC/DC, un autre à Lenny Kravitz, et un refrain à Billy Idol. Autant de clins d'oeil prompts à mettre le feu dans la boutique, à l'image de ce que les plus couche-tard avaient vécu, samedi soir, au forum de La Passerelle. Là, Success, groupe electro-pop sauvage de dinguerie et d'humour, avait fait l'unanimité. Performance que s'apprêtaient à imiter, dans la nuit, Ting Tings, Bloc Party et à nouveau Neneh Cherry, pour un deuxième set digne de Roland-Garros.

  • Arnaud Morvan et Samuel Uguen

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