29 mai 2009
L'école Saint-Guen est la première école primaire à avoir signé l'accord Ya d'ar brezhoneg. Un pas de plus en breton pour celle qui fut la première école bilingue de l'Enseignement catholique du Morbihan.
L'école Saint-Guen scolarise actuellement 160 enfants en classes bilingues français-breton, près de la moitié de l'effectif de l'école. La signature de l'accord Ya d'ar brezhoneg avec l'Office de la langue bretonne marque son engagement dans la valorisation et le développement de la langue régionale. L'école s'est engagée à créer un site Internet bilingue, à continuer de rédiger les invitations et les courriers aux parents en français et en breton, à utiliser des logos et du papier à lettre bilingues, à diffuser la plaquette de l'école également dans les deux langues. Il s'agit aussi de poursuivre la signalétique bilingue, et les formations à la langue bretonne proposées au personnel de l'école. «À dire vrai, ce ne sera pas trop difficile de respecter ces engagements puisque certains sont déjà menés à bien. Je sais que je peux compter sur une équipe d'enseignants bilingues qui ont déjà spontanément proposé leur aide. Et nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur l'association très active des parents d'élèves en classes bilingues, Dihun», a indiqué Jérôme Larcher-Rouland, le directeur.
Première école primaire à s'engager
La campagne Ya d'ar brezhoneg a été lancée en 2001 par l'Office de la langue bretonne, organisme officiel créé à l'initiative du conseil régional de Bretagne. Aujourd'hui, 643 organismes ont signé l'accord, ainsi que plus de 90 communes. Saint-Guen est la première école primaire à s'engager. «Le secteur de l'enseignement est stratégique pour l'avenir de la langue. Vannes est la première ville de Bretagne avec près de 600 enfants scolarisés en filière bilingue. La ville atteint aujourd'hui un taux de 9% d'enfants scolarisés en bilingue. Nous devons gagner la bataille du nombre de brittophones. Au Pays basque nord, 30% des élèves sont inscrits en filière bilingue. La même chose peut être réalisée en Bretagne», a rappelé Léna Louarn, présidente de l'Office de la langue bretonne.
«Les difficultés de la filière bilingue»
«Nous sommes très fiers de notre école et très heureux d'y avoir nos enfants», a précisé Dominique Guého, représentant des parents d'élèves de l'association Dihun. Il a ajouté qu'«il faut toutefois aussi dire toutes les difficultés de la filière bilingue au sein de l'Enseignement catholique. Il y a un véritable manque d'enseignants formés. Après des années de vaches maigres, huit enseignants vont sortir de formation pour la rentrée. Mais qu'en sera-t-il des années suivantes? Le nombre de places serait seulement de quatre pour le prochain cycle de formation. Ce n'est évidemment pas avec de tels moyens que l'on garantira la continuité des filières en place. Alors comment envisager leur développement? Nos écoles ont besoin d'un réel soutien de l'institution sur l'ensemble de leurs projets y compris sur le breton».
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