29 mai 2009
À Pontivy, cette semaine, à chaque jour sa manif. Mercredi soir, cesont les producteurs de lait de la Coordination rurale qui sont passés à l'action. Ilsont bloqué la base d'Intermarché de Saint-Gérand.
Les producteurs de la Coordination rurale ne sont pas des adeptes de la démonstration de force au volant de leur tracteur et rechignent, tant que cela ne s'avère pas nécessaire, à embraser des montagnes de pneus. Avec eux, juste deux petits tas de terre, savamment disposés, et l'affaire est classée. À 22h, mercredi, ils sont donc passés à l'action en interdisant aux poids lourds d'entrer et de sortir de la base d'Intermarché, à Saint-Gérand. L'objectif est clair: à quelques heures de la négociation entre producteurs et industriels, prévue le lendemain (jeudi), il importe pour eux de maintenir la pression.
Un calcul vite fait
Quelques chiffres suffisent pour comprendre le désarroi dans lequel les producteurs se trouvent en ce moment. Aujourd'hui, les 1.000 litres de lait produits leur sont payés aux alentours de 210 EUR, avec un coût de production de 310EUR. «Et dans ces 310EUR, nous n'incluons pas notre rémunération que nous estimons à 1.450 EUR par mois. 1.450 EUR par mois quand on travaille en moyenne 70heures par semaine, ce n'est pas cher payé», lance Laurent Bertho, membre de l'organisation des producteurs de lait (OPL). Face à cette nouvelle crise, la Coordination rurale a sa solution. «Si nous voulons nous en sortir, il faut maîtriser la production et revenir à une vraie politique de quotas», insiste Christian Gloux, vice-président de la Confédération rurale.
Une menace en vue
Au-delà, les producteurs vivent avec une menace qui a pour nom: contractualisation. «Nous ne sommes pas dupes. Certains industriels veulent profiter de la crise pour nous imposer un prix unique tout au long de l'année, quel que soit l'état du marché. Bien entendu, ce prix sera calculé au moment où le marché sera au plus bas. Et lorsque la consommation repartira, ce sont les laiteries qui tireront tous les profits. Ça, nous ne l'accepterons jamais», tonne Noël Rozé, président de la Coordination rurale. Pour obtenir gain de cause, les producteurs ont fixé un ultimatum. Si au 30juin, ils ne sont pas rémunérés correctement pour leur travail, ils entameront une grève du lait, avec pour conséquence, pour les laiteries, la raréfaction de la matière première sous 48heures.
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