29 mai 2009
La crise économique n'épargne personne, pas même le monde du luxe. La maison de couture Christian Lacroix a annoncé, hier, être en cessation de paiement.
Chacune des collections de Christian Lacroix, couturier au tempérament de feu, est très attendue. Mais la fête des podiums et sa couture baroque mélangeant les influences géographiques et les époques ne riment pas forcément avec bénéfices. Les derniers chiffres en témoignent: la collection automne-hiver 2009/2010, présentée en mars, a vu les commandes chuter de 35%. L'an dernier, l'entreprise avait enregistré 10millions d'euros de perte pour un chiffre d'affaires de 30millions.
Décision du tribunal la semaine prochaine
Les comptes de la maison de couture sont dans le rouge. A tel point qu'hier, elle s'est déclarée en cessation de paiement. Un plan de continuation a été proposé au tribunal qui devrait se prononcer «sous une semainesur un redressement judiciaire ou une liquidation». La maison Christian Lacroix est l'une des griffes françaises les plus emblématiques. Elle a été créée en 1987 par le couturier aujourd'hui âgé de 58 ans, avec l'aide du numéro un mondial du luxe, le groupe LVMH de Bernard Arnault. Mais la transcription de la haute-couture en prêt-à-porter plus accessible ne se fait pas, la maison de couture ne rapporte pas d'argent. Sous l'ère Arnault, il y aura 11 P-DG différents. Selon un observateur de la mode, on «a poussé Lacroix à devenir une marque, alors qu'il faut qu'il reste un auteur». Entre1987 et2005, les relations se tendent entre LVMH et le créateur.
Racheté par un groupe américain en 2005
Conséquence: en 2005, la maison Lacroix, qui compte 125 salariés, est rachetée par le groupe familial américain Falic. Un «plan ambitieux et à long terme de repositionnement de la marque sur le marché du prêt-à-porter de luxe» est lancé. Concrètement, la griffe supprime les lignes moins luxueuses et reprend en direct les accessoires. Mais la stratégie ne paye pas. D'autant plus que la maison souffre d'une distribution dans quelque 200 boutiques multimarques, contre quatre boutiques en nom propre, chiffre insignifiant comparé aux réseaux de distribution des grandes marques de luxe. «Dès l'année dernière, nous avions lancé une recherche de partenaires financiers. Ce processus, qui était en phase finale, a été également directement touché par la crise financière et n'a pu être finalisé dans des délais suffisants», regrette le P-DG de Christian Lacroix, Nicolas Topiol. Mais il ne baisse pas les bras: «La société entend sortir de cette procédure rapidement et continuer à développer sa marque», assure-t-il.
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