• LeTélégramme.com

France

Procès AZF. La défense aurait dissimulé un rapport défavorable

29 mai 2009

Les experts qui devaient détailler, hier, le scénario de l'accident chimique qui aurait causé l'explosion de l'usine AZF, faisant 31 morts, le 21septembre 2001, ont déposé dans une ambiance tendue. Une polémique a, en effet, éclaté mercredi soir lorsqu'un expert consulté par la défense a présenté, à la surprise du tribunal, un rapport remis en 2006 à Grande Paroisse (propriétaire de l'usine), qui ne l'avait pas transmis à la justice.

Un rapport favorable à la défense

Ce rapport du laboratoire de détonique du CNRS à Poitiers comprend une simulation d'explosion du nitrate du sas d'entrée, qui aurait projeté à 350m/seconde un muret en béton armé sur le tas principal: un scénario très favorable à l'accusation. Plusieurs parties civiles ont mis en cause Total, qui avait interdit la publication des trois premiers rapports. La justice avait dû les saisir par perquisition. Daniel Grasset, président de Grande Paroisse, a expliqué, hier, que «ce rapport n'apportait rien de concret». Le président du tribunal a souligné que «ce rapport aurait apporté des éléments intéressants aux juges d'instruction» et a décidé de le verser au dossier. La polémique passée, experts chimistes et détoniciens ont enfin pu soutenir la thèse de l'apport malencontreux de quelques kilos de «balayures» d'un produit chloré pour piscines (le DCCNa), dans une benne de 500kg de nitrate d'ammonium industriel sur un tas de onze tonnes de nitrate d'ammonium agricole, dans le sas d'entrée du hangar 221. Sa détonation se serait propagée au tas principal de 300 tonnes. Grande Paroisse et son directeur, Serge Biechlin ont catégoriquement rejeté cette piste durant l'instruction et au procès.

© Copyright Le Télégramme 2009