28 mai 2009
Après les deux kitesurfeurs français, un troisième chasseur de record vient de s'inviter le mois dernier dans le cercle très fermé des engins «à plus de 50 noeuds» sur 500 mètres : il s'agit du «bateau» australien «Macquarie Innovation».
Depuis la nuit des temps, l'homme a toujours éprouvé le besoin d'aller plus vite. Sur terre, dans les airs et sur la mer. A ce petit jeu, les Français, et plus particulièrement les Bretons, n'ont jamais été les derniers. Petit run en arrière. En 1978, où, à l'initiative des Crocos, une planche à voile de 13m de long et équipé de 4 mâts voit le jour. Objectif: aller le plus vite possible. «C'était en octobre et on avait signé le temps de référence avec... 7,8 noeuds», se souvient Claude Breton, aujourd'hui président de la WSSR, organisme chargé de ratifier les records à la voile.
Le mur du vent
D'ailleurs, Breton était dans tous les bons coups: en 1988, avec Cunin et Gahagnon, il était aussi à bord du trimaran à foils «Loisirs 3000» pour un run à 25,86 noeuds. Un temps réalisé à l'occasion de la base de vitesse de Brest, qui pendant 13 ans, fut le terrain de jeu préféré des chasseurs de records sur 500m. Avant Brest, à la fin des années 1970, il y avait eu Weymouth en Angleterre, première grande compétition dédiée à la vitesse. Depuis, l'eau a coulé sous les carènes. Les engins ont considérablement évolué grâce à des matériaux toujours plus légers et plus résistants. Aujourd'hui, on ne se bagarre plus pour passer les 30, ni les 40 noeuds mais pour dépasser ce que les voileux appellent le «mur du vent»: les 50 noeuds. Soit plus de 92km/h.
Pointe à 61 noeuds
Même s'il n'a jamais été chronométré officiellement à plus de 50 noeuds, l'Hydroptère affirme avoir enregistré une pointe de vitesse hallucinante lors d'un run le 21décembre dernier devant la plage Napoléon de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Ce jour-là, le trimaran à foils, né dans l'imaginaire d'Eric Tabarly et sans cesse optimisé par le tenace Alain Thébault, a volé à 61 noeuds... avant de chavirer. Reste que, pour la WSSR, le meilleur chrono de l'Hydroptère sur 500m est de 46,88 noeuds. Mais Thébault n'a pas dit son dernier mot: tout en travaillant à la construction d'un maxi-Hydroptère pour s'attaquer aux records océaniques, il espère, lui aussi, s'offrir les 50 noeuds.
Bientôt les 54 noeuds?
Avant lui, deux rideurs, les Français Sébastien Cattelan (50,26 noeuds) et surtout Alexandre Caizergues (50,57 noeuds, record absolu), l'ont fait sur le site de Luderitz. Si les kitesurfeurs ont trouvé en Namibie un spot idéal, les planchistes, eux, restent attachés au canal des Saintes-Marie-de-la-Mer en Camargue. C'est là que le Rochelais Antoine Abeau a flirté avec le mur du vent avec un run à 49,09 noeuds. Nul doute qu'un jour, un windsurfeur y arrivera. Depuis deux ans, le kite et le windsurf se tirent une bourre d'enfer pour le record absolu, duel arbitré par l'Hydroptère. Et puis voilà qu'à l'autre bout du monde, deux Australiens, bien connus de la WSSR, se sont réveillés. Le 26mars dernier, avec leur engin (voir photo dans l'infographie ci-contre) «Macquarie Innovation», Simon McKeon, ancien pilote de «Yellow Pages», et Tim Daddo ont réussi un run à 50,07 noeuds. Les 54 noeuds ne sont plus très loin. 54 noeuds, soit 100km/h sur l'eau et à la voile!
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