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Bretagne

D'Aboville. Des océans à la petite mer

21 mai 2009

Connu pour ses traversées de l'Atlantique et du Pacifique à la rame, Gérardd'Aboville est maintenant commissaire général de la Semaine du golfe, qui anime la «petite mer» morbihannaise jusqu'à dimanche. C'est un aventurier né et un amoureux des beaux bateaux qui est à la barre.

«Je ne pourrais pas avoir un bateau fonctionnel que je trouverais laid», explique Gérardd'Aboville, qui vient de remettre à l'eau son superbe Lady Maud, après deux ans de travaux à sec. Photo L.G.

Il est des événements qui marquent une vie. La première traversée de l'Atlantique à la rame, réalisée en 1980 par Gérard d'Aboville, est de ceux-là. Un défi taille patron, bien avant que la course Rames Guyane n'existe: «Aujourd'hui, c'est plus sportif et moins aventureux. À l'époque, il n'y avait pas de balise de détresse». Ils étaient trois à la tenter cette année-là. Les deux autres y sont restés. Il a survécu. Et ressorti ses pagaies onze ans plus tard pour affronter le Pacifique et ses typhons. Bref, il a en a ramé pour arriver jusque-là.

Dans le grand bain de la politique

Y a-t-il une vie après la mer? Celle de Gérard d'Aboville semble indéfectiblement liée à la grande bleue. À 64 ans, il se met aussi au vert : il travaille sur un projet de bateau solaire avec des Suisses. Actuellement en construction en Allemagne, il devrait être mis à l'eau dans un an. 

Il préside également le conseil supérieur de la navigation de plaisance et des sports nautiques, ce qui l'oblige à passer sa semaine à la capitale. Depuis l'année dernière, il siège d'ailleurs au Conseil de Paris, après une première expérience comme député européen de 1994 à 1999, sous les couleurs du RPR. 

Malgré cet emploi du temps chargé, cet enfant de Crac'h (56) revient dès qu'il le peut à son «port d'attache», dans la propriété familiale, au bord de la rivière d'Auray. Sa mission de commissaire général de la Semaine du golfe, il la résume ainsi: «Je n'ai rien à faire, mais je suis responsable de tout! Heureusement, je peux compter sur une bonne équipe. En fait, c'est surtout beaucoup de travail en amont, pour prendre toutes les précautions en matière de sécurité et éviter tout accident en cas de mauvais temps». 

Pendant la semaine proprement dite, il est autant participant qu'organisateur, à bord de son superbe bateau de 102 ans, le Lady Maud, qu'il bichonne sans relâche. Samedi, il pourra hisser haut les voiles pour la grande parade, apothéose de cette cinquième édition de la Semaine du golfe : «C'est devenu un événement incontournable des manifestations maritimes, à mon sens le plus sympathique. Même si l'on a plus de 1.000 bateaux inscrits, ça reste à échelle humaine car il y a plusieurs flottilles. C'est plus lisible pour le public. Et ça colle à la géographie du golfe avec plein de petits ports».

Le golfe, son terrain de jeu

Cet aventurier intrépide a fait plusieurs infidélités à sa petite mer, même avant ses traversées océaniques. À 22 ans, il est parti bourlinguer en Amérique et en Asie pendant deux ans, vivant de petits boulots : il a fait la plonge dans un restaurant new-yorkais, cherché de l'or en Alaska et travaillé dans une scierie du Yukon... Mais il est toujours revenu: «J'aime ce mariage entre terres et mer, ses îles, ses courants et ses marées, qui font que d'heure en heure, le paysage change. Ça en fait un challenge pour le navigateur et un bonheur pour le spectateur».

  • Laurent Guenneugues

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