17 mai 2009
Le Parti du Congrès au pouvoir en Inde et ses alliés ont triomphalement remporté les élections législatives tenues entre la mi-avril et la mi-mai.
«Le peuple de l'Inde sait ce qui est bien pour lui et fait toujours le bon choix», a exulté, hier, l'influente présidente du Parti du Congrès, Sonia Gandhi, dès l'annonce des résultats partiels. Selon les projections de la Commission électorale, l'Alliance unie et progressiste (UPA), conduite par le Parti du Congrès (centre-gauche, laïc) remportait, en effet, 250 des 543 sièges, contre 160 à l'Alliance nationale et démocratique (NDA) menée par le Parti du peuple indien (Bharatiya Janata Party, BJP, droite hindoue). Les législatives indiennes, surnommées «le plus grand exercice démocratique au monde», s'étaient déroulées en cinq phases, du 16avril au 13mai, avec la participation d'environ 60% des 714millions d'électeurs. La victoire beaucoup plus nette que prévu du Congrès permet d'envisager un gouvernement de coalition plus solide que ce que redoutaient des analystes.
Grave revers pour les communistes
Mais pour diriger un mastodonte de 1,17milliard d'âmes - mosaïque d'ethnies, cultures et castes, aux 18 langues officielles et au paysage politique complètement éclaté - le Congrès devra encore marchander avec des partis régionaux pour monter une coalition stable. D'autant que ses anciens alliés communistes ont enregistré un grave revers dans leurs États du Bengale occidental (est) et du Kerala (sud).
Une croissance divisée par deux
De fait, l'Inde a besoin d'un gouvernement qui tienne la route au moment où elle traverse une mauvaise passe. La 10e économie mondiale est en plein ralentissement en raison de la récession qui a quasiment divisé par deux son taux de croissance, en deux ans, (de 9% en moyenne entre2004 et2008 à 5,5% prévu en 2009).
Inégalités criantes et tensions religieuses
L'Inde reste aussi le pays des inégalités sociales criantes, avec 620millions d'Indiens vivant avec moins de 1,5 dollar par jour. Un pays qui est la proie de tensions interreligieuses entre la majorité hindoue (80,5%) et les minorités musulmane (13,5%) et chrétienne (2,3%). Cette puissance atomique craint également d'être prise «au milieu d'un anneau de feu», entre un Pakistan chaotique, un Sri Lanka en guerre et un Bangladesh ou un Népal fragiles.
Insurrections régionales
L'Inde reste enfin traumatisée par les attentats de Bombay, fin novembre (174 tués), imputés à un groupe islamiste pakistanais et est fragilisée par ses insurrections maoïstes, islamistes ou régionalistes. Selon la Constitution de la République de l'Inde du 26janvier 1950, le gouvernement doit être mis sur pied d'ici au 2juin.
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