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Pont-L'Abbé

Travaux publics. Alexandra Chevalier, chef de chantier

14 mai 2009

Actuellement au lieu-dit Quelourdec, un chantier de travaux public pour EDF a débuté. Rien d'exceptionnel si ce n'est qu'à sa tête se trouve une femme. Rencontre avec Alexandra Chevalier.

Alexandra Chevalier est dans les travaux publics depuis sept ans, un métier qui la passionne et où les femmes sont de plus en plus présentes.

Alexandra Chevalier, originaire de Saint-Brieuc, est une jeune femme pétillante de 27 ans. Elle oeuvre depuis sept ans dans les travaux publics, un secteur peu féminisé. «Au départ, je voulais faire des études d'architecte. Je voulais construire des ponts. Mais les écoles sont chères alors j'ai fait un BTS travaux publics», explique la jeune femme dont le parcours n'a pas toujours été facile notamment à ses débuts.

Savoir s'imposer

«Quand j'ai commencé dans les travaux publics, il n'y avait pas de femmes ou pratiquement pas. C'était difficile, il fallait tout le temps que je prouve mes compétences alors que je débutais et qu'il me restait encore beaucoup de choses à apprendre. Aujourd'hui, c'est plus facile. J'étais assez timide, j'ai aussi dû apprendre à m'imposer», ajoute-t-elle. Les relations avec les hommes de son chantier, (jusqu'à aujourd'hui, elle n'a jamais eu de femmes sous ses ordres), sont basées sur l'échange : «Avec l'expérience, j'ai appris beaucoup de choses mais je ne connais pas tout. J'accepte d'apprendre des choses de mes gars. C'est un échange continu. On peut se parler. Il faut être psychologue. Il y a beaucoup de préjugés et j'ai dû les combattre. Mais j'ai beaucoup d'anciens gars avec qui j'ai travaillé sur des chantiers qui m'appellent pour savoir comment je vais», remarque la jeune femme.

Un diplôme au nom d' «Alexandre»

Alexandra a d'abord commencé sa carrière comme poseur de réseau. «Je travaillais au fond des tranchées. Les hommes me regardaient étrangement», note-t-elle. Ensuite, elle est passée conductrice d'engins sur une trancheuse. «Lorsque j'ai eu mon permis, le document était au nom d'Alexandre et lorsque j'ai appelé pour souligner l'erreur, on m'a dit que ce n'était pas possible. J'étais la première femme de France à obtenir ce diplôme», remarque-t-elle. En tant que chef de chantier, Alexandra Chevalier peut avoir entre quatre à dix hommes sous ses ordres, voire plus. C'est à elle de coordonner les travaux. Elle est également un intermédiaire entre son équipe et sa hiérarchie et entre EDF et son entreprise. «J'aime le contact avec les gens, avec les riverains aussi, j'ai envie de faire connaître mon métier qui est passionnant et tellement diversifié. Je me sens utile. Je contribue à apporter le confort aux gens», explique la jeune femme avec un large sourire. Pour Alexandra Chevalier, son métier est une découverte de chaque instant. «Chaque chantier est un challenge pour moi. On touche des domaines très diversifiés. J'ai travaillé sur des autoroutes mais aussi sur la fibre optique. J'aime faire des choses originales», souligne-t-elle.

  • Sophie Desplancques

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