• LeTélégramme.com

Lorient ville

Emmaüs. Le charme désuet des appareils photo d'hier

11 mai 2009

Revivre les sensations d'hier. Vous savez, quand on mettait une pellicule (une quoi?) dans l'appareil photo. Ou s'équiper pour pas cher. Voilà qui a attiré du monde chez Emmaüs, à Rédéné, samedi.

Jonas Delhaye, élève à l'école des beaux-arts de Lorient, a acheté du vieux matériel photo.

«Il est bien, celui-là?», demande une femme d'une vingtaine d'années à la sortie de la caverne d'Abric Abrac du grand local Emmaüs de Rédéné, en ce samedi matin printanier.

La ruée à l'ouverture

«Oui, c'est du costaud!», répond un technicien. «Et il y a des caches pour l'objectif?» «Attendez, je vais vous trouver cela...» «Et les piles, on peut en trouver facilement?» «Oui oui... Regardez: là, on peut régler la vitesse, l'ouverture, on peut tout mettre en automatique aussi... Et dans le viseur, il y a les indications.» Une scène parmi d'autres, à l'occasion de la première vente à thème d'Emmaüs consacrée aux vieux appareils photo, aux vieilles caméras... «À l'ouverture, à 10h, c'était la ruée! Ce qui a disparu le plus vite, c'est le matériel de labo; il n'y a plus qu'un agrandisseur sur quatre, par exemple», détaillait Yvon LePabic, l'un des responsables de cette initiative, sur les coups de 11h. «Le matériel de diapos aussi, les caméras Super 8, les reflex», ces appareils à objectifs interchangeables dont le viseur cadre comme sera la photo. Goût de l'ancien et du «vintage», volonté de retrouver des techniques et des sensations d'hier, ou bien de s'équiper à moindre coût, sachant que pas mal d'articles étaient proposés à un ou quelques euros. Telles étaient les motivations des visiteurs, venus du pays de Quimperlé, mais aussi de Lorient ou Quimper! Toute l'année, Emmaüs reçoit du matériel photo et vidéo. Il a donc été décidé de le regrouper et d'en faire un petit événement. Une révision et hop! Un succès, visiblement. Jonas Delhaye, étudiant aux beaux-arts de Lorient et originaire d'Auray, est sorti de là avec deux appareils photo moyen format, 6x6: ils nécessitent de grands négatifs (ou de grandes diapositives) pour des photos en format carré.

Sans lentille mais avec des patates

«Ce sont de vieux appareils un peu mythiques. Sur l'un, il manque la lentille, sur l'autre, le déclencheur ne marche plus. On m'a fait payer les deux pour trois euros en tout, pour que je puisse bricoler l'un avec l'autre. J'aime bien faire cela, je m'intéresse plus à l'aspect bricolage qu'à la technique». D'ailleurs, les appareils sans objectif, ça ne le dérange pas. «Je fabrique des sténopés (*) à l'aide de branches ou de patates...» Un appareil photo sans lentille mais avec des patates, et qui ne coûte quasiment pas un radis, c'est fort!

La vraie photo?

Un homme s'apprête à quitter l'endroit avec ses enfants, de vieux coucous en main. «Avec ça, ils vont apprendre à faire de la photo! Pas comme maintenant avec les appareils tout automatiques!», lance un des vendeurs. C'est marrant, ça rappelle le temps où l'on nous disait qu'avec les calculettes, on n'apprenait plus à compter. Un cliché?

(*) Appareil photo que l'on peut fabriquer soi-même, sur le principe de l'antique camera obscura. Un tout petit trou sur une paroi et, au fond de la boîte, une surface sensible qui enregistre. Et voilà votre sténopé.

  • David Cormier

© Copyright Le Télégramme 2009