9 mai 2009
Un rapport préconise une direction plus collégiale des Centres hospitaliers universitaires. Ce qui contredit le projet de Nicolas Sarkozy de faire du directeur le «seul patron» de l'hôpital.
Le document, révélé jeudi soir par La Tribune et qui préconise une direction plus collégiale des CHU, pourrait servir de base à des amendements au projet de loi «Hôpital, patients, santé, territoires» (HPST) que le Sénat doit examiner à partir de mardi et qui est à l'origine d'une large contestation des syndicats hospitaliers. Ces derniers dénoncent une «transformation de l'hôpital en entreprise».
«Une gouvernance plus équilibrée»
Dans le nouveau rapport qui sera remis lundi au président Nicolas Sarkozy, le Pr Jacques Marescaux indique que «le projet de loi HPST peut ouvrir la voie d'une gouvernance propice à une prise en compte plus équilibrée de la triple mission des CHU (recherche, enseignement, soins) et particulièrement des missions universitaires». Un «triumvirat» pourrait ainsi entourer le directeur du CHU au sein d'un directoire «resserré». Il serait composé du président de la commission médicale d'établissement (CME, principale instance représentant le corps médical), du «doyen» de la faculté de médecine et d'un représentant du secteur de la recherche. Le directeur du CHU serait nommé en Conseil des ministres, sur rapport des ministres de tutelle (Santé, Enseignement supérieur, Recherche). Il est actuellement nommé en règle générale par le seul ministre de la Santé.
«À l'opposé» de la loi Bachelot
Pour le député PS Jean-Marie Le Guen, qui préside le Conseil d'administration de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), ces propositions sont «exactement à l'opposé» de la loi Bachelot qui défend «une organisation concentrée dans les mains d'une seule personne», le directeur de l'hôpital. Cela «montre que le souci du dialogue social (...) est quand même réduit à bien peu de chose», a déclaré le président de la Pour François Aubart, président du syndicat de médecins hospitaliers CMH, qui partage par ailleurs nombre d'orientations de la loi Bachelot, «ce rapport est non pas un outil de réforme mais un outil de communication».
© Copyright Le Télégramme 2009