6 mai 2009
Jean-Pierre Boulic est un poète prolixe. Cet ancien haut responsable d'une banque bretonne est un familier des manifestations de l'association Grain de Poivre, on le retrouve, chaque année aux «Rencontres littéraires», au Théâtre de Cornouaille.
La poésie tient une grande place dans votre vie. Comment en avez-vous pris le goût?
Je dois à un professeur de français, du temps de ma 5e, d'avoir eu l'attention attirée sur le fait que mon expression écrite était souvent imprégnée d'images et de couleurs. Il m'avait indiqué qu'il s'agit là des principaux matériaux du poème. En me confiant un recueil de René Guy Cadou, il m'a vivement encouragé à lire les poètes. J'avoue avoir entendu de la musique en découvrant l'ouvrage de l'instituteur du Pays nantais. Depuis, ma vie trouve une grande partie des réponses aux questions qu'elle se pose dans la respiration de la poésie. Je crois que la poésie est une activité humaine primordiale, car la poésie c'est de l'amour, comme l'a si bien dit un de nos poètes.
Quinze recueils à votre actif. Ont-ils tous pris leur source dans les paysages marins du Nord-Finistère?
Pour une bonne moitié d'entre eux, sur les quatorze effectivement publiés à ce jour, je pense que l'on peut répondre par l'affirmative. Mais les sources d'inspiration ont aussi leur origine dans des événements, des rencontres, une contemplation de l'existence quotidienne ainsi qu'une méditation de l'Écriture biblique.
Comment naît un poème? La traduction en breton s'impose-t-elle toujours?
Le poème naît d'une nécessité qui s'impose librement. L'émotion suscitée par une rencontre ou un paysage qui parle à ma vie, à mes interrogations, va peu à peu s'intérioriser et me laisser entendre «la réalité cachée, les rapports intimes et secrets des choses, les correspondances et les analogies» ainsi que l'a observé Michel Manoll à propos de Cadou. La traduction bretonne par Job an Irien concerne trois de mes recueils publiés par Minihi Levenez, cette maison d'édition dont le projet est de faire connaître toutes les richesses de notre patrimoine finistérien.
Vous nous offrez aujourd'hui «Le chant bleu de la lumière». Racontez-nous la genèse de ce beau recueil.
Mon travail en poésie a eu pour dessein de rendre hommage à la beauté de nos paysages. Sans occulter brumes, brouillards, plaies qui sont notre lot, j'ai souhaité donner en partage l'intuition que la création n'est ni vide ni obscurité, mais qu'elle procède en réalité d'une parole d'illumination et de joie. C'est ainsi que j'ai écrit sur une période de cinq-six ans, les quelque quarante poèmes du recueil. Ils ont ensuite été traduits et les photographies sont venues achever l'ouvrage.
Avant de terminer, au bas de vos poèmes, vous posez une sorte de référence. De quoi s'agit-il?
Mon langage poétique tente de dire quelque chose d'essentiel à ma vie en s'imprégnant de l'Écriture, celle de la Bible. Ce sont des passages bibliques qui ont porté certains des poèmes qui sont notés en référence.
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