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France-Algérie. L'affaire Scharbook se complique

6 mai 2009

Jacques Scharbook n'a pas vu sa fille, âgée aujourd'hui de huit ans, depuis 2005. Photo AFP)

Des tests ADN, effectués récemment par la police scientifique algérienne, «ont révélé que le père de cette fillette de huit ans est l'Algérien Mohamed Yousfi, ex-mari de la défunte mère de Sophie», selon l'avocat de la famille maternelle, Me Rabeh Berbadj. Toutefois, le Français Jacques Scharbook, mari de la mère algérienne de Sophie avant sa mort, dans un accident de la route, en mars 2005, près d'Oran (ouest algérien), continue de réclamer sa fille et l'application d'une décision de la Cour suprême algérienne de février 2008 en sa faveur. Jacques Scharbook avait momentanément confié, en 2005, à sa grand-mère algérienne, sa fille Sophie, qu'il n'a jamais pu récupérer depuis. La police a fini par retrouver Sophie, le 16 mars, à Oran, dans la maison de sa grand-mère qui la cachait depuis plus d'une année, mais sans la restituer à Jacques Scharbook.

«Refus de restituer la fillette à un chrétien»

L'affaire a rapidement pris des proportions politico-religieuses. La grand-mère de Sophie a médiatisé l'affaire dans tout le monde arabe, via les chaînes satellitaires, en affirmant son «refus de restituer une fille musulmane à un chrétien». Des journaux arabophones à grand tirage ont accusé le gouvernement de s'apprêter à remettre une musulmane à un chrétien. La Cour d'Oran a repris le dossier en main et devrait rendre son verdict le 17 mai, selon Me Berbadj. Et, enfin, l'apparition de Mohamed Yousfi, qui affirme qu'il est le géniteur de Sophie et que la fillette s'appelle Safia. Ce dossier empoisonne les relations algéro-françaises, à moins de deux mois de la visite du président Abdelaziz Bouteflika en France. Après l'échec de plusieurs tentatives de médiation, le porte-parole du Quai d'Orsay, Frédéric Desagneaux, a réclamé, hier, « la restitution de l'enfant à son père, Jacques Scharbook ». Alger n'a pas répondu. Depuis plusieurs mois, les deux capitales ne se parlent presque plus via les canaux diplomatiques habituels et préfèrent dialoguer à travers la presse.

  • Ali Idir

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