6 mai 2009
A cinq semaines du scrutin, Nicolas Sarkozy a fait son entrée, hier, à Nîmes, dans la campagne électorale européenne, en plaidant, pour «une autre Europe».
Comme il l'avait fait pour défendre ses choix économiques fin mars à Saint-Quentin (Aisne), le président de la République a choisi une autre ville tenue par son parti, Nîmes, pour y défendre sa vision de l'Europe. Mais, à aucun moment, Nicolas Sarkozy n'a évoqué le scrutin du 7juin, qui ne passionne guère les Français. Devant une salle de 4.000 sièges presque exclusivement garnie de militants UMP, la «réunion républicaine» voulue comme «non partisane» n'aura duré que quelques secondes, le temps pour le public d'accueillir l'orateur sous les applaudissements et en scandant «Nicolas, Nicolas». Devant cet auditoire acquis à sa cause, le président a alternativement coiffé ses casquettes de chef de l'Etat ou de la majorité pour appeler à «changer l'Europe» et à préférer une Europe «qui décide» et «protège», écho du thème de campagne UMP: «quand l'Europe veut, elle peut». «Une autre Europe est possible, une autre Europe est nécessaire et cette Europe-là peut peser dans les destinées du monde», a-t-il lancé, paraphrasant le célèbre slogan altermondialiste. A l'appui de son propos, le chef de l'Etat a longuement énuméré les succès de «sa» présidence européenne, dont certains ont été contestés: Géorgie, Union pour la Méditerranée, adoption du paquet énergie-climat...
Contrer le FN
Soucieux de couper l'herbe sous le pied du Front national et de Philippe de Villiers, le chef de l'Etat a mis en exergue son hostilité à l'adhésion de la Turquie. Nicolas Sarkozy, dans une envolée que ne renieraient pas les socialistes, a ensuite plaidé pour une «gouvernance économique» de l'UE, avec des «débats» sur les politiques monétaire, budgétaire, de concurrence ou de fiscalité. Il s'est également prononcé pour «une vraie politique de l'énergie», proposant une «centrale européenne d'achat de gaz». Alors que la campagne de l'UMP tarde à décoller et que le PS appelle les électeurs à le sanctionner, Nicolas Sarkozy n'a pas manqué l'occasion de défendre son bilan. Après Nîmes, le chef de l'Etat poursuivra sa campagne européenne, dimanche, à Berlin, au côté d'Angela Merkel.
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