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Quel avenir pour les inters?

5 mai 2009

On ne peut pas nier que la bonne humeur est encore de mise aux interclubs et que les athlètes sont heureux de se retrouver à cette occasion. Mais au-delà de cet aspect très convivial qui fait penser à une ambiance de kermesse, les interclubs s'apauvrissent d'année en année.

Michel Rio, le président du comité du Morbihan, s'interroge sur l'avenir des interclubs : «L'esprit du club, l'esprit collectif semblent disparaître de plus en plus», dit-il. Photo Anne Paulou

Les clubs ont un mal fou à trouver des volontaires dans certaines disciplines dans le seul but de ne pas avoir un zéro pointé dans la case. Sauter à la perche, lancer le marteau ou le disque une fois en passant pour faire plaisir au club peut être amusant mais quel est l'intérêt d'un plan purement sportif ? Dimanche, à part Elodie Guégan, qui avait fait l'honneur à son club du Cima Pays d'Auray d'être présente, il n'y a pas eu d'autres performances de N1 et seulement deux en N2 : Romain Delattre (AP L'Orient) à la longueur et Vincent Le Dauphin (UACA) au 3.000 steeple, ce qui constitue tout sauf une surprise. Quel intérêt de passer une journée pour ça sachant que les interclubs ne débouchent sur aucune qualification mais juste un classement ?

«On se pose la question»

Rémi Rio, le président du comité du Morbihan, planche sur la question. «On se pose la question. Cela devrait mettre en évidence le travail fait en tant que club formateur mais ça ne débouche sur rien. L'esprit du club, l'esprit collectif semblent disparaître de plus en plus. A tel point que certains se demandent s'ils continueront.» Au fil des années, les athlètes sont de plus en plus nombreux à ne plus vouloir «griller» leur temps pour si peu. Chapeau tout de même aux bénévoles du jury, souvent dirigeants de club depuis des lustres pour la plupart, qui sont fidèles aux postes où ça ne pousse pas au portillon pour les seconder. «Il ne faut pas lâcher l'affaire. Il y a une prise de conscience», observe Rémi Rio. «Après, il faudra rentrer dans l'action, et tous ensemble.Mais quand on voit des interclubs avec un tel niveau, c'est inquiétant. Les objectifs sur le plan national sont le sport de masse et de haut niveau mais dans une même compétition, on ne peut pas offrir les mêmes prestations, c'est évident.» Alors quel remède ? «Le mal, c'est de vouloir rester sur une approche de l'athlétisme telle qu'elle se faisait il y a 30 ou 40 ans. Il faudrait permettre de dégager des élites avec un plan organisé sur dix ans et pas en deux ans. Je pense qu''il faut multiplier les petits clubs, couvrir le territoire, avoir un athlétisme de proximité et en même temps avoir des pôles d'excellence en encadrement et en athlètes, en passant par la professionnalisation de nos structures.» Vaste projet.

Réunir l'élite

On verra sûrement naître bien avant des compétitions à thèmes restreints, ce qui a été émis lors des dernières assises des comités le mois dernier afin de pouvoir proposer des compétitions relevées aux meilleures athlètes bretons.» Voilà qui permettrait aux athlètes de tirer vers le haut. C'est vrai que lorsqu'on voit Elodie Guégan mettre 200 m dans la vue à sa poursuivante directe sur 800 m,
on peut juste être content d'avoir assisté à l'épreuve pour voir en vrai la championne internationale. Et les autres athlètes de se souvenir toute leur vie qu'elles auront couru un jour avec elle. Mais après ?

  • Anne Paulou

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