5 mai 2009
Quelques dizaines d'auteurs et artistes sont attendus, dimanche, au «Quai des écrits». Catherine Marc et Geneviève Paques, de l'Écrithèque organisatrice, décrivent cette première édition.
D'où vient ce premier «Quai des écrits»?
Catherine Marc (salariée de Ker-Hars, responsable de l'Écrithèque). De notre envie de mettre en valeur des écrivains à compte d'auteur. Des auteurs indépendants qui se heurtent plus que les autres, ceux qui sont dans les circuits, à la problématique de l'édition de leurs écrits. «Le Quai des écrits», c'est une façon, parmi d'autres, de poser publiquement la question des conditions, des moyens de l'édition. L'événement s'inscrit aussi naturellement dans la continuité de nos ateliers d'écriture. L'écrit est outil de liberté formidable, à condition de le rendre accessible au plus grand nombre. Chacun avec ses mots peut écrire, dans des genres différents (romans, nouvelles, poésie, théâtre, romans historiques, récits, etc.). Geneviève Paques (bénévole à Ker-Hars, fréquente les ateliers). Les gens qui ont vécu l'expérience de «Zut & Zet» l'année dernière ont tous dit l'importance que cela avait eu pour eux d'écrire. Et il y avait des gens de tous les âges, de tous les horizons.
Faut-il pour autant publier à tout prix?
C.M. Je ne le pense pas. Ça n'a rien à voir avec le fait d'avoir ou pas la compétence supposée de l'écriture, mais avec l'intimité de certains écrits, avec ce que l'édition de vos écrits peut vous renvoyer à vous-même. Ça implique d'avoir du recul par rapport à l'écriture. Je parle là de l'écriture spontanée, celle qui se traduit par la découverte de mots, d'expressions, et pour laquelle l'édition pourrait se traduire par la sensation que ce que révèle l'écriture sur soi échappe à son auteur. G.P. Écrire, ça peut permettre d'atténuer des violences verbales, physiques, en exprimant par des mots choisis ce qui aurait pu être exprimé par des gestes, parfois déplacés. C.M. Ça peut être aussi l'expression d'une certaine violence, d'une certaine détermination.
Le public va-t-il justement découvrir au «Quai des écrits» des auteurs inscrits aux ateliers de Ker-Hars?
C.M. Plusieurs oui. Je pense, par exemple, à Patrick, qui va montrer pour la première fois ce qu'il écrit à propos du Tour de France cycliste. Très étonnant. G.P. J'ai écrit un texte pour un ouvrage en franco-anglais de plus d'une trentaine de récits. Un livre à cinq mains, avec deux Irlandaises et une Américaine et ma soeur qui anime des ateliers d'écriture en Irlande. C'est elle qui a eu l'idée du livre, dont l'édition a été financée grâce à un héritage familial. Nous en attendons un exemplaire pour «LeQuai des écrits». C.M. Le public pourra aussi découvrir des éditeurs comme Haikouest, association vannetaise qui publie des haïkus, ou la nouvelle revue rennaise Dunerf.
Cela va-t-il ressembler à un salon du livre?
Pas vraiment parce que les auteurs invités auront l'occasion de monter sur une petite scène pour exprimer leurs points de vue, leurs rapports à l'écriture. Et puis il y aura de la musique, du slam, des expositions, des contes, des lectures animées.
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