5 mai 2009
Parcourir 100km tous les jours pour aller travailler ou abandonner son emploi: c'est le dilemme auquel sont confrontés, depuis jeudi dernier, 57 salariés plaintelais de Vendôme Menuiserie. Placé en redressement judiciaire début avril, le groupe, spécialisé dans la fabrication de menuiseries et de fermetures, a été cédé à l'entreprise Atlantem, la semaine passée, sur décision du tribunal de commerce de Lyon (Le Télégramme de samedi). Conséquence, sur les six sites industriels que compte Vendôme Menuiserie, deux vont devoir fermer dans les semaines et les mois à venir: celui de Saint-Ouen, dans le Loir-et-Cher, et celui de Plaintel. À Saint-Ouen, la mesure est particulièrement douloureuse puisqu'aucun reclassement n'est envisagé: les 45 salariés, en grève depuis jeudi, vont tous se retrouver au chômage. À Plaintel, par contre, les 72 salariés, également en grève hier, auront la possibilité de conserver leur emploi. Mais, à condition d'accepter de travailler dans deux usines d'Atlantem. «Nous ne reprenons pas le site de Plaintel pour faire des économies de charges fixes», indique Bruno Cadudal, le directeur général d'Atlantem. «Mais nous prévoyons de reprendre 15 personnes à Hillion dans notre usine d'aluminium et 57 à Noyal-Pontivy (56) dans une autre usine dePVC. Ces transferts seront progressifs jusqu'à la fin du mois de juillet».
Le temps de trajet dans le temps de travail
Hier, lors de leur venue à Plaintel, les dirigeants d'Atlantem ont fait plusieurs propositions aux salariés concernés par un départ vers le Morbihan: mettre à leur disposition des navettes pour effectuer le trajet. Et décompter, pendant un an, le temps de transport de leur temps de travail. «Pour l'heure, nous attendons des propositions écrites», explique, méfiant, Laurent Le Goff, le responsable du comité d'entreprise. «Beaucoup de gens ici vont sans doute accepter d'aller travailler à Noyal-Pontivy car elles ont besoin d'argent. Mais ça fait mal au coeur. Surtout pour les nombreux anciens qui sont là depuis le début. Et c'est d'autant plus incompréhensible que notre usine était rentable».
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