5 mai 2009
L'an dernier, plus de 8.000 plaintes ont été déposées auprès de la police par des internautes escroqués. Dans leur grande majorité, les escrocs agissent à partir de l'Afrique de l'Ouest où cette activité est devenue une véritable source de revenus pour certains.
«Bonjour. Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour cette intrusion qui peut paraître surprenante à première vue d'autant qu'il n'existe aucune relation entre nous. Je voudrais, avec votre accord, vous présenter ma situation et vous proposer une affaire qui pourrait vous intéresser». Ces derniers mois des centaines de milliers d'internautes ont reçu ce message ou quelque chose de ressemblant. Derrière ces lignes, adroitement rédigées, se cachent des escrocs originaires d'Afrique de l'Ouest prêts à tout pour plumer leurs victimes.
Des escrocs rusés
Les scénarios appelés scams (ruses en anglais) sont assez subtils. Une des arnaques les plus répandues est celle de l'héritage. Une jeune femme vous demande de faire transiter sur votre compte en banque cinq ou six millions d'euros ou de dollars. Ce faisant, elle promet de vous reverser un petit pourcentage. Fort alléchant au regard de la somme globale. Nous nous sommes prêtés au jeu et avons répondu aux sollicitations d'un de ces escrocs. Première surprise, si le premier message d'accroche est assez bien rédigé, les suivants sont truffés de fautes, version SMS. Très vite l'escroc, sans prendre de précautions scripturales, rentre dans le vif du sujet, vous demandant votre adresse, numéro de téléphone et coordonnées bancaires. Il exige aussi de vous que vous scanniez votre carte d'identité. Un document qui, dit-il, vous permettra de devenir son «tuteur étranger». Condition sine qua non pour que le soi-disant héritage soit versé sur votre compte. Si vous mordez à l'hameçon, le cyber escroc va très vite vous demander de lui verser, via Western Union, une somme censée couvrir les frais de transfert. En général, plusieurs milliers d'euros. Plus grave, il a désormais en sa possession tous les éléments pour usurper votre identité - dont votre signature qui apparaît sur votre carte - et donner de faux ordres de virement à votre banque.
Le gros lot à la loterie ivoirienne!
Une autre arnaque répandue consiste à vous faire croire que vous êtes l'heureux gagnant d'un gros lot ou d'une voiture de luxe. Votre adresse e-mail ayant été tirée au sort par une loterie ivoirienne. Les escrocs vous demandent alors de payer des frais de dossier ou de transport du véhicule vers la France. Ils peuvent se montrer très convaincants. N'hésitant pas à employer du papier à en-tête d'avocats ou d'huissiers ayant une existence réelle. Sur les forums de discussions, nombreux sont les témoignages de victimes. «Il y a trois ans, j'étais l'heureux bénéficiaire de 20% de 1,25million de dollars. Dans cette affaire, j'ai perdu la somme de 80.000EUR», écrit cet homme. Une plainte a été déposée mais l'escroc court toujours. Certains sites internet sont envahis de témoignages de gens piégés ou en passe de l'être. C'est le cas de «Comment ça marche» qui, initialement s'intéresse à l'aspect technique de l'informatique. «Nous avons décidé de mettre en ligne ces courriers pour alerter les gens. Car ils sont révélateurs d'un vrai problème», explique une modératrice du site. Le plus surprenant, c'est qu'un escroc s'exprime sur le forum, présentant ses excuses aux victimes. «Comprenez-nous. De notre côté, la vie est très dure. Nous prions pour que Dieu vous donne longue vie».
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