3 mai 2009
Quelques minutes après le match, près du bus des joueurs, le président du Stade Brestois Michel Guyot a dressé un constat sans concession de la situation du club. Son seul tort est peut-être de ne pas l'avoir fait avant.
- Comment analysez-vous cette cinglante défaite avec cinq buts encaissés cette fois? C'est la même chose à chaque match: à partir du moment où on ne marque pas de but... Il n'y a rien d'autre à dire. Le score à la limite, pff. Pour le goal-average, c'est inquiétant car ça peut compter sur la fin. Mais, parfois, il vaut mieux en prendre une bonne. Mais on ne prend pas cinq buts par hasard, ce sont aussi les lacunes de l'équipe qui l'expliquent. La question qu'il faut se poser maintenant, c'est : est-ce qu'on n'est pas à notre place, tout simplement ? On voit toujours les autres plus faibles que nous et ils nous battent. Châteauroux a su gagner le match qu'il fallait. C'est typiquement le genre de match qu'on n'a pas su gagner chez nous les semaines passées, alors... - Ça va être dur de se relancer après un tel match. Dans quel état d'esprit êtes-vous? Soucieux et dans le doute, énormément. Ce soir, il y a un morceau de confiance qui est parti. Pas la peine de parler du calendrier, de toute façon, même quand c'est facile, on ne gagne pas. La relance, qu'est-ce que c'est la relance ? Pour se relancer, il faudrait déjà avoir fait une série et ça fait belle lurette que l'on n'en a pas fait une. Je verrai avec Gérald (Baticle) et Corentin (Martins) et je vais peut-être imposer certaines choses. C'est la première fois que je vais donner mon avis sur la composition de l'équipe. Je ne suis pas entraîneur, je respecterai la hiérarchie du club mais, à quatre journées de la fin, ce n'est pas possible de s'entêter avec les mêmes gens. - Mettez-vous en cause l'engagement et l'implication des joueurs?
Non
, je ne crois pas. Je crois simplement qu'ils sont dans le doute. Le but de 30 mètres que Châteauroux marque, je voudrais voir ça côté brestois. Si c'est leur gardien qui dégage dans les pieds d'un Brestois, on repart par un dribble sur le côté, on ne met pas une mine de 30 mètres. Moi, le premier, je me suis peut-être trompé car on est peut-être au niveau de ce qu'on sait faire et c'est moi qui ait validé le recrutement en début de saison. - Qu'est-ce qui vous déçoit le plus ? La faiblesse de certains joueurs. Pourtant, j'ai souvent déclaré que l'équipe était bonne. C'est facile de dire «l'envie pas l'envie», on est à notre niveau, c'est tout. L'autre jour, l'un d'entre eux m'a dit: «On est au taquet, on ne peut pas aller plus vite», O-K., je le conçois, je l'admets, mais je me dis que certains n'ont peut-être pas le niveau Ligue 2. Il ne faut pas se voir plus beau que l'on est. Car on n'est pas là par hasard. - Envisagez-vous la relégation ? Je suis bien obligé de tenir compte du classement. On peut toujours dire que... mais comment se fait-il que... ? A partir de quoi on ne serait plus relégable ? Je vois le spectacle toutes les semaines, hein, et je pense avoir assez de lucidité même si le foot en enlève beaucoup. Il faut partir dans un autre état d'esprit à Vannes, ça c'est clair. J'ai assez patienté. Il faut arrêter de croire que, par la vertu du Saint-Esprit, ça ira mieux demain.
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