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Côtes-d'Armor

Suicide d'un salarié. La démission du directeur réclamée

2 mai 2009

Après le suicide d'un agent de service de l'hôpital psychiatrique Saint-Jean de Dieu, à Saint-Brieuc, le syndicat Sud-Santé, qui attribue ce geste à une «sanction disproportionnée», réclame la démission du directeur.

Le 15avril dernier, un homme âgé de 52 ans, agent de service à l'hôpital Saint-Jean de Dieu, à Saint-Brieuc, marié et père de deux adolescents, mettait fin à ses jours. Sa famille et le syndicat Sud-Santé, majoritaire dans l'établissement, imputent son geste désespéré à «une sanction absolument disproportionnée» de la direction à son encontre.

Mis à pied pour un film vidéo

Jean-Louis Rotter, infirmier dans l'établissement et secrétaire fédéral de Sud-Santé, expliquait jeudi qu'il était reproché au salarié d'avoir enregistré à plusieurs reprises, en fin d'année dernière, de petites séquences vidéo sur la vie quotidienne des établissements de Saint-Brieuc et de Dinan: travaux, gardes de nuit, conversations entre collègues. Des malades apparaîtraient parfois, mais sans être reconnaissables. L'agent de service avait réuni vingt-deux de ces courtes séquences sur un CD, dont il aurait offert des copies à quatre de ses collègues. Ces faits, portés à la connaissance de la direction, auraient conduit cette dernière à envisager d'abord une procédure de licenciement à l'égard de l'auteur des films, avant de ramener la sanction à trois jours de mise à pied et un avertissement.

«Atteinte à l'intégrité des malades»

Les salariés bénéficiaires des copies, dont certains figurent dans le film, ont été sanctionnés plus légèrement. Le motif de ces sanctions serait «atteinte à l'intégrité des malades». «Notre collègue n'avait aucune intention dégradante ni revendicative» assure Jean-Louis Rotter. «Il s'agissait de vidéos entre collègues, comme on peut en faire en famille». Salarié de l'hôpital psychiatrique depuis 2001, l'agent de service aurait, dès l'annonce de sa convocation à un entretien préalable au licenciement, sombré dans une profonde dépression qui a nécessité trois semaines d'hospitalisation. Dans une lettre datée du 29janvier, le représentant syndical avait alerté la direction sur l'état de «souffrance psychique» du salarié.

Le directeur «prêt à subir une inspection»

Sud-Santé réclame, à la suite de ces faits, la démission du directeur et de la directrice des ressources humaines, ainsi que l'ouverture d'une enquête par l'inspection générale des affaires sociales. Dans une note de service, adressée hier à l'ensemble du personnel, le directeur, Pascal Conan, évoque un «événement tragique qui touche toute l'institution». Avec le président de l'association de gestion, Jean-Paul Ruthmann, il se déclare prêt «à recevoir toute expertise, enquête, inspection» et précise même: «À ce stade, nous le souhaitons». Il n'a pas été possible de joindre M.Conan au téléphone.

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