2 mai 2009
Plus que le 1ermai2008 mais moins que le 19mars dernier. Hier, entre 460.000 et 1,2million de personnes ont défilé à l'appel unitaire de huit syndicats.
Une forte mobilisation pour un 1ermai, mais sans commune mesure avec les impressionnantes manifestations des 29janvier (1 à 2,5millions de personnes dans les rues) et 19mars (1,2 à 3millions de personnes). Des centaines de milliers de personnes, 465.000 selon la police, plus de 1,2million selon la CGT, ont défilé, hier, dans toute la France. En Bretagne, près de 80.000 personnes ont manifesté hier. C'est également bien plus que le 1ermai l'année dernière. Mais le 19mars, les Bretons étaient 200.000 dans les rues. La CGT a recensé 283 manifestations à travers toute la France. Pour les syndicats, qui rejettent toute comparaison avec les dernières grandes mobilisations, cette journée est «un succès». «Il y a cinq à six fois plus de manifestants que lors d'un 1ermai traditionnel», a assuré le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, présent en tête du cortège parisien aux côtés des secrétaires généraux et présidents des sept autres organisations syndicales.
Un «G8 syndical»
Pour la première fois de leur histoire, les principaux syndicats regroupés dans un «G8 syndical» (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires -dont Sud- et Unsa) étaient coude à coude. Les cortèges ont été dirigés contre la politique du gouvernement accusé de ne pas suffisamment relancer la consommation et de maintenir certaines réformes contestées (hôpital, éducation). Etait aussi visé, le patronat. «Banquez pour nos salaires, pas pour les actionnaires», affirmait une pancarte. Dans beaucoup de villes, les salariés directement touchés par les réductions d'effectifs occupaient les premiers rangs des cortèges, comme à Toulouse avec les salariés de Molex, à Compiègne (Oise) où les ouvriers de Continental étaient quasiment tous présents, à Grenoble avec ceux de Caterpillar. «Du travail, pas la mort», pouvait-on lire sur la banderole des ouvriers de l'équipementier automobile allemand Schaeffler, dont une usine va être fermée dans la région.
Le PS dans les cortèges
A Paris, le cortège a rassemblé 160.000 personnes selon les syndicats, 65.000 selon la police, dont 4.000 militants du PS parmi lesquels plusieurs ténors et notamment la première secrétaire Martine Aubry. Pour la première fois depuis 2002, le PS est descendu dans la rue à Paris. L'ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, avait, de son côté, rejoint les rangs des manifestants à Niort (Deux Sèvres). Vendredi en fin d'après-midi, l'UMP a affirmé que l'ampleur de la mobilisation avait été «inférieure aux attentes des organisateurs», tout en reconnaissant que les manifestations «ont traduit une inquiétude légitime des salariés». Les huit organisations à l'origine de ce 1ermai véritablement unitaire se retrouveront lundi prochain à partir de 17h au siège de la CFTC à Paris pour décider des suites du mouvement.
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