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Pas de quoi effrayer le gouvernement

2 mai 2009

La perspective des défilés du 1ermai n'a pas empêché le gouvernement de remettre sur la table le projet de loi sur le travail dominical. Pour les syndicats, le rendez-vous crucial est plutôt pour lundi et la suite qu'ils donneront à cette journée.

François Chérèque, Bernard Thibault, Jean-Claude Mailly et Gérard Aschieri côte à côte: les syndicats étaient unis, hier, lors des défilés du 1ermai. Une unité bien fragile: des tensions persistent, notamment entre FO et la CFDT. Photo AFP

[P_JOANNES-Q]Deux faits suffisent à caractériser le climat social. Quand le ministre du Travail se paie le luxe de provoquer les syndicats avec le travail dominical juste avant le 1[/P_JOANNES-Q]ermai, il montre qu'il n'a rien à craindre des centrales. Quand la CFDT rejette l'idée lancée par FO de prolonger les cortèges par une grève, les syndicats révèlent qu'ils n'ont aucune stratégie. Le thème du travail dominical est, pour les syndicats, l'équivalent du«chiffon rouge» dans la mythologie taurine. En admettant que le gouvernement ait réellement l'intention de remettre ce dossier à l'ordre du jour en juillet, il aurait pu attendre que la fête du Travail soit passée et faire lancer une annonce en forme de ballon d'essai» par une personnalité secondaire de la majorité

«Même pas peur!»

Pas du tout: c'est le ministre du Travail en personne, devant l'Association des Journalistes de l'Information Sociale et à la veille du 1ermai, qui a réactivé la controverse. Ou bien c'est la plus insolente des provocations justifiée par la certitude que les syndicats seront impuissants. Ou bien-c'est peu plausible- le gouvernement retirera son projet afin que les centrales syndicales puissent se prévaloir d'un «recul du pouvoir». Il semble plutôt que l'initiative de Brice Hortefeux à la veille du rituel printanier soit un défi typiquement sarkozien à l'adresse des marcheurs: «Même pas peur!».

Des syndicats pas si unis

Le gouvernement a raison de ne pas se laisser impressionner par l'apparence unitaire des cortèges. Car cette unité n'est qu'une image télévisuelle. La preuve: le seul responsable national, Jean-Claude Mailly (FO), qui a esquissé une perspective revendicative en évoquant une grève nationale s'est fait rabrouer par François Chérèque (CFDT) avant toute discussion. Dans ces conditions, les comparaisons chiffrées ne présentent pas beaucoup d'intérêt. Si le «front» syndical suscite encore un peu de curiosité, c'est juste sur sa capacité à imaginer un contenu stratégique étonnant et convaincant lors du conciliabule de lundi.

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