30 avril 2009
Le procès du «Gang des barbares», 27 jeunes accusés du rapt, de la séquestration et de l'assassinat d'Ilan Halimi en 2006 a commencé, hier. D'emblée, le chef présumé du groupe, Youssouf Fofana, a choisi la provocation.
Collier de barbe et crâne rasé, Fofana, 28 ans, est arrivé tout sourire dans le box, vêtu d'un sweat-shirt blanc. Ce jeune homme d'origine ivoirienne, accusé d'avoir porté les coups fatals à Ilan Halimi, a alors levé un poing vers le ciel en criant «Allah vaincra». En guise de date de naissance, il répond: «Le 13février 2006, à Sainte-Geneviève-des-Bois», donnant ainsi la date et le lieu de la découverte du corps agonisant de Ilan Halimi, qui devait mourir pendant son transfert à l'hôpital.
La mère d'Ilan Halimireste impassible
Pour nom, Fofana choisit «africaine barbare armée révolte salafiste», tandis que la présidente se contente de lui signaler que ce n'était pas ce qui figurait sur ses documents. Dès son premier jour de procès, Youssouf Fofana a choisi la provocation. Il est le chef présumé du «Gang des barbares» : 27 jeunes accusés du rapt d'un juif de 23 ans, Ilan Halimi, assassiné après trois semaines de calvaire début 2006. Sur le banc des parties civiles, la mère d'Ilan Halimi, assise à côté de ses deux filles, ne dit rien. Déjà, pendant plus d'une heure d'attente, Ruth Halimi était restée silencieuse et concentrée, semblant prier en se balançant imperceptiblement d'avant en arrière. Le procès s'est ensuite poursuivi à huis clos puisque des mineurs au moment des faits, sont impliqués. Dans le «Gang des barbares», des lycéens, des chômeurs, un livreur de pizza, un chauffeur de car, un étudiant en commerce... Les accusés, presque tous dans la vingtaine, ont décliné identité et profession au moment des faits. Emma, qui aurait servi d'appât pour attirer Ilan dans un piège, était «lycéenne, en seconde».
«Que tout le mondegarde son sang-froid»
Dans la salle des pas perdus, une petite trentaine de très jeunes juifs insultent des personnes qu'ils supposent être des proches des accusés. Quand la mère de Fofana sort de la salle, ils la poursuivent et la huent, débordant les forces de l'ordre. «La famille Halimi n'est pas responsable de ces incidents, elle n'est pas responsable de cette tension», lance Me Francis Szpiner, l'avocat de la mère d'Ilan qui «demande que tout le monde garde son sang-froid». La cour va maintenant avoir dix semaines, jusqu'au 10juillet, pour démêler les responsabilités des accusés.
Les barbares étaient autrefois ceux qui étaient d'une autre culture. Ce sont aujourd'hui ceux qui agissent de manière inhumaine, ceux qui choisissent de se mettre au ban de l'humanité. Comment tout un groupe de personnes a-t-il pu en arriver là? C'est ce que ce procès aurait pu nous apprendre, et cela aurait été très utile. Hélas, le procès ne sera pas public puisque dans ce groupe, il y a deux mineurs. La seule solution aurait été de disjoindre leur cas de celui des autres, c'est-à-dire de les juger à part. Difficile puisqu'une mineure aurait eu un rôle essentiel. La loi privilégie les intérêts de ces mineurs, des mineurs de 17ans, à l'intérêt général, comme à celui de la victime et de tous les juifs de France qui se sentent personnellement atteints par cette épouvantable affaire. C'est injustifiable et cela pose, une nouvelle fois, la question de la réforme de la justice des mineurs où, décidément, tout est à revoir. Nous n'en saurons donc que ce que les uns en diront et qui sera contredit par les autres. Nous n'aurons droit à aucune analyse impartiale et les questions essentielles que pose cette affaire ne seront pas résolues. La justice moderne doit se faire au grand jour, elle ne gagne rien, et nul n'y gagne rien, à ce qu'elle se fasse en cachette. Elle se fait au nom du peuple et celui-ci doit pouvoir savoir comment elle se fait; aujourd'hui il en a même besoin et l'interdiction de publication du nom des mineurs serait une protection suffisante.
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