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Economie

Société générale. Daniel Bouton jette l'éponge

30 avril 2009

En sursis depuis l'affaire Kerviel et le scandale des stock-options, Daniel Bouton a démissionné de son poste de président de la Société générale.

«Je suis devenu la cible d'attaques incessantes qui finissent par nuire à cette entreprise», a expliqué hier celui dont le nom est associé à une série de polémiques et dont le président Sarkozy avait implicitement réclamé la démission l'an dernier. «Je fais le choix de m'en aller maintenant pour protéger la Société générale».

«Une seule erreur»

Lors de l'affaire Kerviel et des 4,9milliards d'euros de pertes, il avait déjà remis sa démission au conseil d'administration. Ce dernier l'avait refusée, malgré le tollé provoqué par cette affaire et les critiques sur l'insuffisance des contrôles au sein de la Société générale. Aujourd'hui, Daniel Bouton admet une erreur: celle de ne pas avoir refusé les stock-options qui lui avaient été attribuées. Et fait également amende honorable pour les investissements de la banque dans des produits risqués.

730.000 EUR de retraite

Il ne percevra, dit-il, aucune indemnité de départ. Il aura tout de même droit, à partir de 2010, à une retraite de 730.000euros par an. Ce montant est calculé sur une part de 58,2% de sa rémunération au titre de 2007, qui s'élevait à 1.250.000euros. Son successeur sera désigné le 6mai, sans doute parmi les administrateurs de la banque. Le nom de Jean-Martin Folz, ex-patron de PSA, est cité, tout comme celui de Frédéric Oudéa, l'actuel directeur général. Du côté des syndicats, les positions sont certes partagées, mais tous estiment que cette démission ne résoudra pas les questions de la stratégie et des rémunérations. Dans un communiqué commun, CFDT, CFTC, CGT, FO et SNB indiquent qu'ils «n'accepteront pas que ce départ soit le prélude à une prise de contrôle de la Société générale ou à une restructuration brutale qui menacerait l'emploi des salariés».

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