29 avril 2009
Hier, le CIDFF (*) organisait une journée de formation pour les professionnels et les bénévoles sur l'accueil des femmes victimes de violences conjugales.
Les violences conjugales concernent toutes les classes sociales, tous les âges. S'il n'est pas à l'origine des violences, l'alcool est toujours un facteur aggravant. «C'est surtout un problème de fonctionnement, de schéma psychologique ou de position dans un couple», a pu noté la capitaine de gendarmerie Isabelle Oréfice.
Une augmentation constante
Hier, au Centre départemental d'action sociale de Stang ar C'hoat, quelques bénévoles et des professionnels sociaux ont fait le point sur la conduite à tenir face à la violence conjugale. Anne Spagnol, juriste au CIDFF, avait convié la gendarmerie et la police à participer à cette journée de formation. Comme le reconnaissait bien volontiers le capitaine François Lange, référent département pour l'aide aux victimes, «les liens entre la police, la gendarmerie et les services sociaux se sont renforcés. On travaille aujourd'hui en étroite collaboration. Depuis vingt ans, des progrès ont été faits pour l'accueil des femmes victimes de violence et pour recueillir leurs plaintes. Elles sont aujourd'hui reçues dans un lieu d'écoute clos par des collègues féminines quand c'est possible. Les chiffres augmentent tous les ans». La plupart du temps, ce sont les victimes qui, en composant le 17, alertent les forces de l'ordre. Celles-ci se rendent sur place et doivent évaluer la situation. Pas toujours simple. Faut-il interpeller le mis en cause? Écarter la victime? Alerter aussitôt le procureur?
Un délit passible de prison
Dans tous les cas, même sans dépôt de plainte, le procureur sera avisé de l'intervention et jugera des suites à donner à l'affaire. «Cela va d'un simple rappel à la loi à l'incarcération», commente le policier. Les actions de communication, de prévention ont porté leurs fruits. Les femmes hésitent aujourd'hui un peu moins à déposer plainte. «Il faut les inciter à le faire, insiste François Lange. Les voisins dénoncent aussi plus facilement des situations difficiles. Ce n'est pas de la délation. C'est un acte de civisme. Il ne faut pas non plus oublier les victimes collatérales comme les enfants». Les violences sont multiples. Elles peuvent être verbales, psychologiques, sexuelles, financières, physiques. Dans le cadre d'un contexte familial, c'est un délit, même sans ITT.
«Ne pas hésiter à faire un signalement»
Bénévole dans une association d'alphabétisation, une participante expose son dilemme. «Une femme arabe m'a confié que sa voisine turque était victime de violence de la part de son mari. Que puis-je faire? Dénoncer cette situation peut être lourd de conséquences pour elle. Elle risque de tout perdre. Elle n'a pas de famille ici et pourrait se voir contrainte de retourner dans son pays si elle n'a pas ses papiers». La bénévole a été encouragée à faire un signalement auprès du procureur de la République. «Si rien n'est fait qu'arrivera-t-il? Il y a un moment où il faut agir», l'a encouragé une bénévole de la Protection civile.
(*) CIDFF, Centre d'information sur les droits des femmes et des familles, 41, rue de Kerfeunteun, à Quimper. Tél.02.98.95.10.02.
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