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SBFM. Plaidoyer de la CGC en faveur de la fonderie

28 avril 2009

Les offres de reprise de la SBFM doivent être déposées devant le tribunal de commerce de Lyon avant jeudi soir. Le syndicat CGC y croit dur comme fer. Ilcompte sur le soutien de Renault et de PSA.

La SBFM est la dernière fonderie de fonte à graphite sphéroïdal en France, rappellent Richard Hervé et Patrick Pichon de la CGC.

«L'avenir de la fonderie repose sur un actionnaire visionnaire prêt à prendre des risques et de clients capables de comprendre leur intérêt à avoir, sur l'Hexagone, un pôle fonderie digne de ce nom». À quelques jours de l'échéance, Richard Hervé et Patrick Pichon, représentants de la Confédération générale des cadres, veulent y croire. Hier après-midi, ils guettaient la visite d'un éventuel repreneur germanique: «Winter, c'est un groupe allemand de 3.000 personnes qui a aussi une fonderie à Dieppe». Au début du mois, des représentants du groupe espagnol C.I.E. Automotive, s'étaient eux aussi intéressés à la fonderie de Caudan. Plutôt bon signe. Évidemment, la situation ne prête pas à l'optimisme béat. Depuis la cession de la SBFM par Renault au groupe italien Teksid en 1998, la fonderie s'est progressivement enfoncée dans les difficultés. Richard Hervé évalue aujourd'hui l'investissement nécessaire à 40MEUR: «Il faut 20MEUR pour la remise en état des machines et des structures, et 20MEUR pour changer la chaîne de moulage».

Une prise de participation de Renault et de PSA

Pour donner un coup de pouce au futur repreneur, la CFE-CGC propose que «les deux clients historiques de la fonderie, PSA et Renault, deviennent actionnaires pour une part dans la reprise de la société, afin d'assurer un avenir aux salariés de la SBFM, en se garantissant par là même leurs besoins stratégiques». La raison: «La SBFM produit environ 71% des collecteurs d'échappement de Renault et 40% du groupe PSA/Citroën (année 2007), d'où la situation incontournable et donc stratégique de la SBFM chez les constructeurs français». La CGC l'affirme, «nul ne peut imaginer Renault et PSA arrêter leur activité s'il leur manque, par exemple, le collecteur sur 40 ou 71% des voitures fabriquées». Le syndicat est bien conscient qu'une reprise de la fonderie signifie aussi un changement des méthodes de gestion: «Soit on augmente les volumes; on fait en sorte que nos clients achètent plus, pour augmenter les tonnages et ainsi on passe au-dessus du point d'équilibre. Soit on augmente la valeur; concrètement, c'est augmenter le prix de nos pièces de façon significative, tout en augmentant la qualité». À défaut, «ce sont 550 emplois directs qui sont menacés» insiste la CGC qui se refuse à imaginer la catastrophe sociale.

  • Recueilli par Flore Limantour

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