25 avril 2009
Tabarly - Morvan, Morvan - Tabarly: faites vos jeux rien ne va plus! ÀMarie-Galante, le suspense est à son comble et, sur l'eau, la régate bat son plein entre les grains. Verdict la nuit passée.
La Transat Belle-Ile-en-Mer-Marie-Galante livrera le nom de son vainqueur au bout de la nuit antillaise. Erwan Tabarly ou Gildas Morvan? Lequel de ces deux marins aura le dernier mot au terme d'une régate haletante? Hier, il a suffi d'un grain pour redistribuer les cartes. Et si ce scénario à la Hitchcok ravit tous les observateurs à poste à Marie-Galante, pour les deux marins engagés dans une lutte sans merci, la tension était à son paroxysme.
Tabarly passe devant
Cette dernière nuit à guetter les grains, les risées, s'annonçait comme celle de tous les dangers. L'alizé qui les a poussés à un rythme régulier vers les Antilles fait de vrais caprices à l'approche des îles. «Derrière les grains, il y a des absences de vent qui peuvent durer un long moment. Cela peut se jouer là dessus», explique le directeur de course, Jean Maurel. Gildas Morvan, solide leader depuis plus d'une semaine, l'a vérifié à ses dépens en restant scotché un long moment dans une bulle sans vent. Il a du coup cédé la pole position à Erwan Tabarly (Athema). À l'affût sur sa trajectoire plus Sud, d'une régularité de métronome, le skipper d'Athema ne s'est pas fait prier pour prendre le pouvoir. «J'ai été surpris de récupérer autant de milles en peu de temps. Je me retrouve dans la position du chassé mais à choisir je préfère, car cela signifie que je suis devant. Mais c'est loin d'être fini...», analysait-il. Gildas Morvan ne s'est pas dérobé à la vacation. Le marin de Landéda, habituellement d'un calme olympien, laissait paraître une irritation compréhensible.
Trou de vent pour Morvan
«La nuit a été d'enfer. La mine! Ce matin, je me suis arrêté net derrière un gros grain. J'ai été freiné pendant plus d'une heure. J'avais deux noeuds de vent, j'avançais à deux noeuds....» Le géant des Abers, qui n'avait pas dormi, ne se laissait pas abattre, bien décidé à jeter toutes ses forces dans la bataille pour arracher cette victoire qui le fuit depuis quelques années. Arrivé à Marie-Galante, le parrain de cette transat, Laurent Voulzy, captivé par l'histoire, a participé à la vacation. Evoquant «le trac et l'envie de s'isoler qui l'envahissent avant un concert». Mais après s'être prêtés au jeu des médias, Tabarly et Morvan n'avaient qu'une hâte, se concentrer sur la marche de leur voilier. Ces deux compères associés lors la Transat ag2R en 2006 s'apprécient mais ne se feront aucun cadeau. Sur la ligne de délivrance la nuit passée (vers 4h, heure française), on ne prévoyait qu'une poignée de minutes entre ces deux marins séparés d'un demi mille. Avec à la clef pour l'un le bonheur d'une belle victoire, pour le second l'amertume d'une seconde place pas toujours facile à vivre. Michel Malinovsky (*), au mouillage avec son voilier Pacha dans l'anse de Saint-Louis pourrait en témoigner: «seule la victoire est jolie!».
* Dans la Route du Rhum 1978, Malinovsky avait été devancé de 98 secondes par Mike Birch. «Seule la victoire est jolie» est le titre d'un ouvrage écrit par le marin avec Jean Noli.
1. Erwan Tabarly (Athema) à 86,9 milles de l'arrivée; 2. Gildas Morvan (Cercle Vert) à 0,5 mille du premier; 3. François Gabart (Espoir Région Bretagne) à 16,6 m; 4. Nicolas Troussel (Financo) à 23,9 m; 5. Gérald Véniard (Macif) à 39 m; 6. Thierry Chabagny (Suzuki Automobiles) à 56,4 m; 7. Armel Tripon (Gédimat) à 111,1 m; 8. Franck Le Gal (Lenze) à 114,2 m; 9. Isabelle Joschke (Synergie) à 116,1 m; 10. Adrien Hardy (Agir Recouvrement) à 228,6 m; 11. Jean-Noël Victor (Pays Marie-Galante) à 288,5 m; 12. Yannig Livory (Cint 56) à 328,2 m; 13. Louis-Maurice Tannyères (Nanni Diesel) à 334,3 m. Eric Douglazet (Luisina).
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