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Pakistan. Les talibans laissent derrière eux la charia

25 avril 2009

Les talibans ont commencé, hier, à se retirer du district de Buner, dans le nord-ouest du Pakistan, en application d'un accord de cessez-le-feu très controversé et considéré comme une capitulation par Washington.

Les talibans quittent le district de Buner conformément à un accord qui inquiète une large partie de l'opinion publique pakistanaise. Photo AFP

Au moment même où elles annonçaient, hier, la nouvelle du retrait des combattants islamistes proches d'al-Qaïda, les autorités locales de Buner promettaient d'appliquer «sans retard» l'accord de cessez-le-feu conclu mi-février et prévoyant l'instauration de tribunaux islamiques en échange de la cessation des combats.

«Capitulation devant les extrémistes»

Cet accord de cessez-le-feu, conclu tandis que l'armée pakistanaise ne parvenait pas à venir à bout des talibans, qui occupaient la vallée de Swat depuis deux ans, prévoit aussi que les islamistes doivent déposer les armes. Il est considéré par Washington, mais aussi une large partie de l'opinion publique pakistanaise, comme une capitulation devant les extrémistes. «Les talibans nous ont assuré qu'ils allaient cesser de patrouiller dans la région de Malakand», dans laquelle est censé s'appliquer l'accord sur les tribunaux islamiques, et qui comprend les districts de Swat et Buner notamment, a assuré un responsable pakistanais. Mais le porte-parole des talibans, Muslim Khan a affirmé, en début de semaine, que «ses combattants allaient porter le jihad dans tout le pays pour y faire régner la loi islamique, la charia».

Cri d'alarme d'Hillary Clinton

Mercredi, la chute de Buner avait provoqué de nouvelles réactions hostiles de Washington, dont Islamabad est l'allié-clé depuis fin 2001 dans sa guerre contre le terrorisme. La secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, s'est ainsi alarmée de «la menace pour l'existence de l'Etat du Pakistan que représente la progression continue des talibans», et redoute qu'ils ne soient un jour à même de «prendre le contrôle» de cet «État nucléaire».

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