25 avril 2009
L'Islande renouvelle, aujourd'hui, son parlement, une élection précipitée par la crise et largement dominée par la question de l'Union européenne (UE), qui devrait sanctionner le puissant parti conservateur (PI), rendu responsable du désastre économique.
Lourde défaite annoncée des conservateurs
Les Sociaux-démocrates remporteraient 30,5% des voix et leur allié dans la coalition actuelle, le mouvement Gauche-Verts, 25,9%, selon un dernier sondage, publié mardi. Ces deux partis ont formé un gouvernement intérimaire, fin janvier, lorsque les conservateurs ont été chassés du pouvoir à l'issue de plusieurs mois de protestations et de manifestations inédites dans l'île, où les 320.000 habitants sont habituellement consensuels. Le PI recueillerait, quant à lui, 22,9% des voix, selon le sondage, un chiffre nettement inférieur au plus bas historique de 1987 quand il avait obtenu 27% des voix. Aux dernières élections, en mai2007, le parti de droite avait remporté le scrutin avec 36,6% des voix, contre 26,8% aux Sociaux-démocrates et 14,3% au mouvement Gauche-Verts.
De la prospérité à la récession
Depuis, la prospère île de l'Atlantique nord a plongé dans la récession (10% de contraction du Produit intérieur brut prévue cette année). Le chômage, inexistant avant l'effondrement du système bancaire en octobre, devrait grimper jusqu'à 10% cette année. Enfin, la couronne islandaise a perdu près de 44% de sa valeur l'an passé. «Le sondage est décevant. Évidemment, depuis la crise financière, nous avons perdu des électeurs. Nous essayons de regagner la confiance et le soutien à notre politique», a déclaré, mardi le dirigeant du PI Bjarni Benediktsson.
© Copyright Le Télégramme 2009