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Bretagne

Bretagne. La région la plus foot de France !

24 avril 2009

En composant aux trois quarts le plateau des finales des deux coupes nationales, le football breton réalise un exploit inédit. Au-delà des circonstances, ce tir groupé traduit la force collective de la région la plus foot de France, aussi bien au niveau de la masse que de l'élite.

Un Breton sur 18 est footballeur !

Historique! L'adjectif est trop souvent galvaudé. Mais quel autre mot doit-on employer alors qu'il faut effectuer un bond en arrière de61ans pour trouver trace d'une performance simplement approchante? Cette année-là, en 1948, la finale de la Coupe de France avait opposé Lille à Lens. La création de la Coupe de la ligue il y a quinze ans a ouvert la porte à une performance d'ensemble encore plus dense. À travers leurs propres résultats, plus ou moins remarquables selon leur statut, Vannes, Rennes et Guingamp s'y sont engouffrés en bloc. Bien sûr, il y a eu l'extraordinaire épopée des amateurs de Calais en 2000. Mais pour qualifier des équipes en finale d'une coupe nationale, il vaut mieux compter sur des clubs professionnels. Très clairement, au-delà des faits circonstanciels qui ont vu les Vannetais se qualifier trois fois aux tirs au but et les Guingampais survivre à un arbitrage proprement hallucinant, c'est ce constat qui est à la base de l'extraordinaire comportement du football breton cette année.

Un Breton sur 18 est footballeur!

À elle seule, la région Bretagne compte, en effet, cinq clubs de L1 et de L2. Soit 1/8ede l'effectif total. Aucune autre région ne peut en dire autant. Seul le Nord-Pas-de-Calais, avec quatre champions, la talonne. Championne au niveau de l'élite, même si aucun de ses clubs ne dispose encore de la surface financière pour briguer le titre de champion de France, la Bretagne l'est aussi au niveau de la masse. Avec un effectif de 165.000 licenciés, la Ligue de Bretagne n'est, selon les chiffres de la Fédération, que la quatrième du pays, derrière l'Île-de-France, Rhône-Alpes et le Nord-Pas-de-Calais. Elle ne serait même que la cinquième, si les ligues de l'Atlantique et du Maine fusionnaient pour épouser les contours des Pays-de-la-Loire. Mais il faut comparer ce qui est comparable. L'indicateur le plus significatif est constitué par le ratio entre la population d'une région et le nombre de licenciés de sa ligue. Et sur ce plan-là, il n'y a pas photo. Avec un footballeur pour 18,92habitants, la Bretagne est championne de France devant sa voisine «Atlantique-Maine» (1 pour 20). Si le Nord-Pas-de-Calais présente un indicateur encore relativement proche (1/24), l'Ile-de-France (1/48) -et ses distractions multiples- est très loin derrière.

Du creux au sommet de la vague

Cet atout-là, le fait de disposer d'une base très large de pratiquants, de clubs et de dirigeants, la Bretagne l'a toujours possédé. Sans toujours connaître une réussite sportive en rapport avec la passion rencontrée ici par le premier des sports collectifs. Il faut, en effet, se souvenir qu'il n'y a pas si longtemps, au début des années 90, le football breton de haut niveau était moribond. En 1993-1994, après la disparition du foot pro à Brest et la descente de Guingamp pour la première fois depuis seizeans, la Bretagne n'était représentée que par deux clubs... de Ligue 2: Rennes et Saint-Brieuc. Si la bonne santé actuelle des clubs bretons semble une garantie pour le court et moyen termes, ce petit rappel sur la fragilité de la chose sportive doit permettre de savourer aujourd'hui un bonheur collectif qui ne revient pas si souvent: sept ans se sont écoulés déjà depuis la victoire en Coupe de France de Lorient en 2002.

  • Benoit Siohan

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