23 avril 2009
Deux heures de débrayage, puis une véritable grève, reconduite aujourd'hui: une bonne partie du personnel de chez Pény, à Saint-Thurien, est passée hier à l'action. La raison: un désaccord avec les propositions salariales de la direction.
Les négociations salariales annuelles ne se passent pas au mieux chez Pény. Entamées fin mars, elles n'ont toujours pas abouti à un accord. La CFDT réclame une hausse sur l'année de 2,5%, alors que la direction propose 1%, avec une clause de revoyure en septembre si l'inflation sur un an dépasse ce chiffre. Le groupe Cecab, dont dépend Pény, fait valoir que cette année, contrairement aux années précédentes, les salariés de Saint-Thurien vont toucher en plus une prime de participation: 5% du salaire brut annuel. Mais pour le syndicat, la direction utilise cet argument pour ne pas accepter une hausse salariale plus importante. La CFDT signale que cette prime est versée pour la deuxième fois seulement en quinze ans, et qu'il s'agit d'une «obligation légale» quand il y a des bénéfices. Donc, rien à voir avec les salaires. Par ailleurs, le syndicat affirme que dans d'autres usines du groupe, la hausse cette année sera de 1,5%. «Pourquoi cette disparité?». Interrogé par nos soins, M.Alix, un des directeurs de la Cecab, expliquait hier soir que l'absence de participation les années précédentes était compensée par une prime sur salaire de 4%, qui ne sera pas supprimée pour autant, mais abaissée à 2,5% du salaire brut. En tout cas, pas question à ses yeux d'en donner plus. «Étant donné la conjoncture», dit-il, «les salariés de Pény ne sont pas les plus mal lotis.»
Un questionnaire
Dès la semaine dernière, la CFDT avait fait circuler un questionnaire parmi les salariés. Sur 330 permanents (l'effectif de l'usine atteignant environ 400 personnes avec les saisonniers et les intérimaires), 202 ont répondu, et 150 d'entre eux se sont prononcé en faveur d'un débrayage, tandis que 52 salariés optaient plutôt pour la signature du procès-verbal de désaccord avec la direction. Une dernière réunion avec le directeur du site, Jean-François Loudes, n'a rien donné lundi. Et c'est pourquoi un débrayage de deux heures a été observé hier par l'équipe du matin: de 11h à 13h. Celle du soir devait faire la même chose de 13h15 à 15h15. Mais dans l'après-midi, les salariés de la production (sauf une minorité dans l'atelier «charcuterie») n'ont pas repris le travail, transformant leur action en une véritable grève. Du jamais vu depuis 30 ans dans l'usine thuriennoise! Les représentants syndicaux ont été reçus à nouveau, hier soir, par le directeur. Mais n'ayant rien obtenu de plus, ils ont appelé l'ensemble du personnel à poursuivre la grève aujourd'hui, les premiers concernés étant les ouvriers qui arrivent à 4h du matin.
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