23 avril 2009
La nouvelle loi sur l'endettement tente d'encadrer un peu plus le crédit à consommation et notamment le crédit revolving. Insuffisant, assurent les associations de consommateurs.
Ce que prévoit la future loi.
Pour la ministre de l'Economie Christine Lagarde, cette nouvelle loi doit favoriser l'accès au crédit à la consommation et éviter les excès de cette forme d'emprunt qui concerne plus de 9millions de ménages français. Il encadre la publicité, en imposant des mentions obligatoires, ainsi que la distribution, en portant le délai de rétractation de 7 à 14 jours, en obligeant notamment les établissements de crédit à consulter le fichier des incidents de paiement. Le texte prévoit également plusieurs mesures pour que l'usage de la fonction crédit ne soit pas automatique pour les fameuses cartes de magasins. Mais il n'oblige toutefois pas les enseignes à dissocier complètement cartes de crédit et de fidélité. La ministre n'écarte pas l'intégration au texte de modifications des taux d'usure, les taux maximums légaux qui atteignent 21% pour les crédits renouvelables, les plus utilisés pour les cartes de fidélité.
Ce qu'en pensent les associations de consommateurs.
Comme prévu, le texte a été mal reçu par l'association UFC-Que Choisir, qui estime qu'il «rate sa cible», l'accusant notamment de cautionner «la liaison dangereuse» entre crédit renouvelable et cartes de fidélité. L'UFC appelle les parlementaires à «prendre les mesures qui s'imposent» lors de l'examen du texte, qui devrait démarrer en juin. Pour le groupe des députés Nouveau Centre, le texte «ne va pas assez loin». Le parti centriste demande notamment la constitution d'un «fichier positif», qui recenserait tous les crédits contractés par les Français comme cela se fait déjà dans plusieurs pays européens.
Ce qu'en pensent les établissements financiers.
Pour la Fédération bancaire française, qui a salué le texte, il faut «veiller à ce que le cumul d'un nombre important de mesures n'ait pas un effet contre-productif». Du côté de Sofinco, on insiste sur le «soutien que le crédit à la consommation apporte à la croissance économique». Ce crédit contribue, en effet, à la formation de 7% du produit intérieur brut français.
L'arme est en vente libre à tous les coins de rue. Et nos politiques s'étonnent que les consommateurs l'utilisent parfois trop. Avec cette énième loi sur le surendettement, la ministre de l'Economie n'ose pas s'attaquer au fond du problème: l'énorme pression marketing des vendeurs de crédit. A l'entrée du supermarché, dans les magazines sur papier glacé, à l'agence bancaire où l'on propose désormais des cartes bleues équipées de crédit revolving... Partout, les ménages, qui voient arriver la fin du mois avec angoisse, entendent les sirènes de ceux qui leur promettent l'argent facile et pas cher. En période de crise, personne n'ose couper ce robinet à liquidités. Comme aux Etats-Unis sous Clinton et Bush, le crédit facile, c'est de la politique sociale qui ne coûte rien à l'Etat. A l'heure où un recul de la consommation de quelques dixièmes de pour cent fait trembler de Carrefour à Bercy, difficile de remettre de l'ordre chez les marchands d'argent. A ne pas vouloir contrôler le dealer, l'Etat devra un jour prendre ses responsabilités. Et imposer aux sociétés de crédit de reconnaître leur part de responsabilité dans le surendettement des ménages. Avant que ne vienne l'heure de l'huissier et des saisies, pour permettre à ces ménages surendettés de sortir la tête de l'eau, les vendeurs de crédit devront un jour accepter d'utiliser cet antibiotique très efficace: l'effacement d'une partie de la dette.
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