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Bretagne

Ile-aux-Moines. Au nom de la pomme

21 avril 2009

Dans un verger de l'Ile-aux-Moines, il y a 100 pommiers qui ont tous un nom. Celui d'habitants, d'enfants, ou petits-enfants de l'île. Ce verger a été planté sur un terrain du Conservatoire du littoral et on en attend quelques bonnes bolées pétillantes.

Photo G.S. C'est avec leur cuvée locale que les Ilois ont fêté, il y a quelques jours, l'inauguration de la plaque officielle de leur précieux verger de Penhap.

C'est l'un des endroits les plus sauvages de l'Ile-aux-Moines, à cinq kilomètres du bourg. Le long de cette route qui serpente vers le sud, les yeux quittent rarement la mer. Presque au bout de cette route: une croix. C'est là qu'on bifurque pour aller jusqu'au verger de Penhap. En ce vendredi après-midi de vacances de Pâques, il y a de l'animation. Des habitants trinquent autour de quelques bouteilles de cidre. Ils inaugurent le nouveau panneau indiquant leur verger, un panneau aux «armes» du Conservatoire du littoral et agrémenté de l'oeuvre d'un infatigable du crayon, mi-Vannetais et mi-Ilois, le dessinateur Nono.

Cent pommiers plantés en 2001

Cent pommiers ont été plantés en 2001 dans cette parcelle de Penhap appartenant au Conservatoire du littoral. Particularité de ces arbres: ils appartiennent tous à quelqu'un et portent tous un nom, celui de leur propriétaire ou de quelqu'un de la lignée familiale. Lénaïck Beven, présidente de l'Association des amis du patrimoine de l'Ile-aux-Moines, à l'origine de cette initiative, a donné celui de ses deux enfants, Malo et Marine. Marie-Thérèse Pasquier, ancienne de l'île, celui de ses trois petits-enfants, Corentin, Clément et Julien. Et ainsi de suite.

270 bouteilles

Les sujets plantés sont tous d'essence morbihannaise et on attend maintenant qu'ils donnent des fruits à foison. Car ces pommiers ne sont pas seulement destinés à faire joli dans le paysage de Penhap où le Conservatoire du littoral possède 45 hectares de terrains naturels dûment entretenus par un troupeau de vaches venues du continent et par la main de Julien Leperlier, le garde littoral de l'île. Il faut aussi qu'ils remplissent leur office en délivrant à leurs protecteurs le noble jus de la pulpe. Pour l'instant, les premières récoltes se sont révélées quelque peu timides. «Il faut plusieurs années avant qu'un verger s'épanouisse», indique JulienLeperlier. «Mais on a de bons espoirs pour cette année», ajouteLenaïck Béven. En attendant, les maîtres du verger ne sont pas morts de soif. Ils ont réussi à sortir leur première cuvée - 270 bouteilles - à partir des pommiers qui prospèrent un peu partout dans les jardins de l'île. «Les enfants ont participé en octobre à cette collecte et on a attaqué le travail à la Toussaint», dit MichelHéron, maître cidrier local. Vendredi dernier, c'est ce premier cru, doté d'un fort caractère, qui a servi à l'inauguration de la plaque officielle du verger. Une version tonique de la boisson nationale bretonne due à l'air iodé de l'île et à sa fabrication à l'ancienne. Car les Amis du patrimoine ont fait rénover un ancien pressoir par les Chantiers du Guip. Les pommes sont ainsi écrasées, comme autrefois, sur lit de paille. On comprend mieux alors l'une des expressions les plus usitées du parler local de l'Ile-aux-Moines- «bourus avec nous» - empruntée au breton, qui signifie «gai avec nous».

  • Gabriel Simon

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