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France

Procès Viguier. Une affaire sans aveux et sans cadavre

21 avril 2009

Le procès du professeur de droit toulousain Jacques Viguier, poursuivi pour le meurtre de sa femme mystérieusement disparue en 2000, s'est ouvert hier devant la cour d'assises de Haute-Garonne. C'est une enquête sans aveux et sans cadavre.

Jacques Viguier, ci-contre avant l'ouverture de son procès, se dit «plein d'espoir «mais aussi «préoccupé». Photo AFP

Le procès de Jacques Viguier, ce professeur de droit toulousain poursuivi pour le meurtre de sa femme Suzanne, disparue en 2000, s'est ouvert hier après-midi devant la cour d'assises de la Haute-Garonne à Toulouse. L'accusé, âgé de 50 ans, comparaît libre.

Un corps jamais retrouvé

Suzanne Blanch-Viguier, 39 ans, mère de trois enfants, professeur de danse, a disparu le 27février 2000 dans des conditions mystérieuses, à la veille d'un rendez-vous avec son avocat, afin d'entamer une procédure de divorce. Elle avait été raccompagnée à son domicile vers 4h30 par un ami, après une partie de cartes. Son mari n'avait signalé sa disparition que trois jours plus tard, expliquant que le couple faisait chambre à part. Le corps de l'épouse n'a jamais été retrouvé. En mai2000, Jacques Viguier a été mis en examen et écroué en raison d'«incohérences et d'incertitudes» dans ses explications et sur la foi d'expertises scientifiques. Les «incohérences» relevées dans l'enquête reposent sur la disparition du matelas du canapé sur lequel dormait Suzanne Viguier. Son époux affirme l'avoir jeté dans une déchetterie mais il n'a jamais été retrouvé. En outre, la présence d'ADN mélangé des deux époux décelé dans des taches de sang découvertes sur du linge de maison, un mystérieux coup de fil passé du domicile à une heure où il certifie qu'il faisait un jogging... ont formé un faisceau de présomption dans une enquête sans aveux et sans cadavre. Après neuf mois de détention provisoire, Jacques Viguier avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire, reprenant ses cours et obtenant la garde de ses enfants. Me Guy Debuisson, avocat des parties civiles, a rappelé, hier, que «selon l'accusation, le mobile est que le lendemain matin, elle (Suzanne Viguier, ndlr) avait rendez-vous chez un avocat et Jacques Viguier ne voulait pas divorcer».

«Angoisse et confiance»

Le renvoi aux assises de Jacques Viguier pour «homicide volontaire» avait été ordonné une première fois en janvier2005, mais il avait fait appel et un supplément d'information avait été ordonné. En février2007, la chambre de l'instruction de la Cour d'appel de Toulouse l'avait définitivement renvoyé devant la cour d'assises. «Je n'ai cessé de proclamer mon innocence et de réclamer une instruction prenant en compte l'ensemble des éléments du dossier au lieu de s'exercer de manière unilatérale», avait écrit Jacques Viguier en mars2007. Hier, son avocat, Me Georges Catala, a déclaré que l'accusé «était partagé entre angoisse et confiance. Angoisse, car ça fait neuf ans qu'il suit cet itinéraire et confiance, car il croit à la justice de son pays.» Les audiences sont prévues durant deux semaines et le verdict est attendu le 30avril.

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