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Point de vue. Les incertitudes de l'effet remaniement

17 avril 2009

 Point de vue.  Les incertitudes de l'effet remaniement

Il est fort peu probable qu'un remaniement ministériel ait lieu avant les élections européennes. Conscient des difficultés qui attendent la liste UMP, si l'on en juge par la grogne dans les milieux de la pêche et de l'agriculture, laquelle pollue l'entrée en campagne de Michel Barnier, l'Élysée n'entend pas se priver d'une possibilité de rebond après un éventuel score calamiteux. En remaniant au fil de l'eau, après les départs de Jean-Pierre Jouyet, remplacé par Bruno Le Maire aux Affaires européennes, puis de Xavier Bertrand, nommé secrétaire général de l'UMP, relayé par Brice Hortefeux, Nicolas Sarkozy a néanmoins négligé l'impact d'un remaniement en bloc pour scander son quinquennat comme le faisaient ses prédécesseurs. Sans doute pense-t-il que l'effet psychologique de la nomination de nouveaux ministres doit être relativisé, lui qui leur tient les rênes plus serrées que son prédécesseur. Ou du moins affiche son autorité à chaque instant, n'hésitant pas à les tacler publiquement, comme il l'a fait en Conseil des ministres pour stigmatiser Nadine Morano et Hubert Falco, qui se poussent du col afin d'obtenir une promotion ministérielle. En ironisant sur leurs états d'âmes ou des ambitions «ridicules et décalées aux yeux des Français», Nicolas Sarkozy indique que ce qui était valable pour lui ne l'est pas forcément pour ceux qui veulent l'imiter, surtout en période de crise, et décrédibilise les membres de son gouvernement ravalés au rang d'intrigants. Peut-il, dans ce contexte, attendre un sursaut de l'entrée dans son équipe ministérielle de vieux briscards tels Philippe Séguin et Alain Juppé, qui marquerait une rupture avec la génération bling-bling passée de mode? C'est moins évident pour le maire de Bordeaux, qui pourrait devenir un concurrent potentiel à la présidentielle de 2012, si l'on en juge par la nostalgie chiracomaniaque qui émerge désormais des sondages. Quoi qu'il en soit, les départs programmés de Dati et Barnier s'imposent, tout comme la nécessité d'un second souffle dans l'action gouvernementale, même si le bail de François Fillon à Matignon se prolonge.

  • Hubert Coudurier

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