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Quimper ville

Opérations sur les cancers. Un quota qui pose des questions

16 avril 2009

Le plan Cancer lancé en 2003 promettait d'égaliser l'accès à des soins de qualité. Une des mesures a consisté à fixer un nombre d'interventions chirurgicales minimum par établissement. L'idée est que l'activité trop restreinte d'un praticien diminue la qualité de ses actes. Il a fallu attendre mars2007 pour qu'un arrêté fixe un seuil: entre 20 et 30 interventions annuelles selon les cancers.

Des chiffres dépassés

Hier le mensuel Le Point a rendu public des chiffres qui pointent les établissements qui n'atteignent par le «quota». Ce tableau pose plusieurs problèmes et montre les limites du système. D'une part, les chiffres publiés concernent une moyenne annuelle sur 2005, 2006 et 2007. Or, l'activité des établissements est mouvante. L'Hôpital de Cornouaille apparaît ainsi dans la grille avec une moyenne annuelle de 6,3interventions au lieu de 30pour le cancer du poumon et du thorax. Et pour cause! Ces actes chirurgicaux sont, depuis plusieurs années, réalisés en totalité par la polyclinique de Quimper. La polyclinique apparaît aussi avec une moyenne annuelle de 21,3interventions pour le cancer d sein. Là encore, l'explication est simple. «Un praticien parti à la retraite en 2002 n'a pas été remplacé immédiatement, explique le directeur Bernard Cabelguen. Nous avons un nouveau praticien depuis 2008. Nous avions 19 interventions en 2006, 24en 2007, 38 en 2008 et une activité prévisionnelle de 120interventions sur le cancer du sein en 2009».

La juste mesure

Le directeur estime que l'arrêté qui fixe les quotas va être contesté. Les chiffres sont demandés par établissement, quel que soit le nombre de praticiens concernés. Bernard Cabelguen prend du recul par rapport à ces mesures. «Poser des standards pour l'acquisition d'une expérience relève aussi du bon sens, note-t-il. Mais la vérité d'aujourd'hui sera-t-elle celle de demain? Ne va-t-on pas vers un chiffre par praticien. Le problème est qu'il y a de moins en moins de praticiens formés ce qui nous conduit vers un seul centre d'activité par région pour certaines interventions».

  • Ronan Larvor

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