16 avril 2009
Dans leur rapport de janvier2009, les députés pointent aussi l'impact de l'indisponibilité des matériels sur l'entraînement des troupes.
La disponibilité des matériels est parfois «tout juste suffisante pour satisfaire aux besoins liés à la préparation opérationnelle des troupes», selon le rapport de janvier2009 (députés Adam, Fromion et Beaudouin). C'est le cas de l'Armée de Terre, qui est statistiquement la plus touchée. En 2008, 91 jours d'activité estimés (96 en 2007) quand le seuil minimum requis est de 100. Les pilotes des hélicoptères parviennent à maintenir un «niveau élevé» (167 h), mais au prix d'un objectif initial (180 h) revu à la baisse (160 h).
«Perte d'aisance et de niveau opérationnel»
Dans la Marine, en 2008, «l'activité minimale requise pour les équipages de sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) est inférieure aux normes de navigation souhaitée (84 jours au lieu de 100)». Le rapport se contente d'indiquer que «toute diminution du nombre de jours en mer se traduit par une perte d'aisance et de niveau opérationnel.» Même constat pour l'Aéronavale, contrainte d'adapter ses équipages en fonction du personnel qui est parvenu à conserver ses qualifications. Sécurité oblige. Là encore, «la moyenne réalisée a le plus souvent été inférieure à la norme», déplorent les trois auteurs du rapport, qui soulignent que la situation des hélicoptères est «encore plus critique», allant jusqu'à poser des problèmes d'acquisition et de maintien des qualifications.
Voler ou tirer?
Dans l'Armée de l'Air, le niveau statistique est satisfaisant... grâce aux opérations extérieures. Les écarts se creusent entre pilotes qui se trouvent en Opex et ceux, moins bien lotis, restés en métropole. Pour les pilotes de chasse, pas de souci pour le vol. En revanche, les objectifs en matière de tir n'ont «pas été atteints». Plutôt ennuyeux pour des pilotes de chasse. La situation la plus critique concerne les pilotes d'avions de transport: 330 h de vol par pilote au lieu de 400 h en 2008. C'est le niveau atteint en 2003. Entre ces deux dates, c'était pire, indique le rapport, sans fournir de chiffres.
Chiffres à relativiser
Là encore, il convient cependant de relativiser ces chiffres. Les soldats envoyés en opérations extérieures sont «très bien entraînés». «Et comme tous partent régulièrement...», fait remarquer un spécialiste. Le 3e Rima de Vannes, qui sera en partie déployé pendant six mois en Afghanistan, à partir de juin prochain, suit actuellement six mois d'entraînement intensif.
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