16 avril 2009
Les prévisions de recrutement des entreprises bretonnes sont bien moins optimistes pour 2009 qu'elles ne l'étaient pour 2008. Toutefois, l'enquête «Besoin de main-d'oeuvre» du Pôle Emploi (*) traduit une assez bonne résistance de l'emploi régional.
L'enquête du Pôle Emploi vise à déterminer les secteurs et les métiers qui vont se révéler porteurs au cours de l'année, de manière à accompagner les reconversions et prévoir les formations adaptées aux besoins des entreprises.
Les plus bas depuis 8 ans
Ces besoins seront nettement moins élevés en volume, avec les prévisions d'embauche les plus basses depuis huit ans que l'enquête existe: 18% des entreprises enquêtées (27% l'an dernier) prévoient de recruter 52.000 salariés, soit 15.000 de moins que l'année précédente. Cette baisse est due uniquement aux emplois permanents qui chutent de 34.000 à 28.000, alors que les emplois saisonniers restent stables à 24.000. Logiquement, le nombre d'emplois difficiles à pourvoir est passé de 51 à 40%.
Le dynamisme des TPE
Si ces chiffres sont inquiétants, ils le sont moins en Bretagne qu'ailleurs. La résistance de deux de ses secteurs forts (l'industrie agroalimentaire et l'hôtellerie-restauration) a permis à la région de réduire l'impact du ralentissement économique sur l'emploi. A cela s'ajoute le poids prééminent ici des petites entreprises de moins de 20 salariés: elles pèsent 40% de l'emploi, mais 54% des projets de recrutement. «C'est lié au dynamisme des TPE, mais aussi aux mesures gouvernementales destinées à leur favoriser l'embauche», précise Thierry Dorance. Parmi les huit secteurs qui vont recruter le plus, la construction régresse de la 2eà la 7eplace. Plus aucun métier du bâtiment ne figure au «top 12» des métiers les plus demandés. Excepté les ouvriers non qualifiés de l'industrie agroalimentaire, on ne trouve que des emplois tertiaires dans ce classement.
Affiner les formations
A quoi va servir cette enquête? «A déterminer nos priorités de formations», répond Thierry Dorance. «Avec les entreprises et les branches professionnelles, nous allons bâtir des packages de formation correspondant aux besoins. Notre budget de formation et d'accompagnement est de 18millions d'euros, il n'est pas extensible, nous devrons faire des choix».
Phoning et suivi
Deux dispositifs nouveaux, vont également être mis en place dans le cadre de la fusion Assedic-Anpe au sein du Pôle Emploi. Dans les jours qui viennent, une plateforme téléphonique de six personnes va appeler les entreprises pour affiner leurs besoins en personnel et leurs souhaits de formation. Et, dès la semaine prochaine, deux chargés d'affaires opéreront dans chaque département pour accompagner dans leurs projets les entreprises de plus de 20 salariés. «Nous voulons redynamiser nos relations avec les entreprises», résume le directeur. L'enquête BMO L'enquête a été réalisée en décembre2008, basée sur les réponses de 19.000 entreprises bretonnes (soit 26% du total). L'évaluation a permis de constater que le taux de réalisation de ces prévisions dépassait 90%.
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