11 avril 2009
La société Parad -pour Procédés anti-radon -est intervenue, cette semaine, sur deux chantiers de bâtiments publics, à Brest et Bohars. But de la manoeuvre: y faire baisser le niveau de ce gaz radioactif naturel, cancérigène à très forte dose.
Hier, en fin de matinée, dans l'enceinte de l'école primaire privée Notre-Dame-de-Lourdes, à Bohars. Jean Pronost, responsable européen de la société Parad ? Procédés anti-radon ? montre les données s'affichant sur les écrans de trois appareils de mesure disposés dans autant de classes. Les résultats s'échelonnent entre 33 et 91becquerels (Bq) parm³, là où, pour de l'habitat ancien, le seuil de précaution, en France, a été fixé à 400 Bq/m³ (200 pour du neuf). Les tests initiaux de Jean Pronost avaient fait état de 1.900Bq/m³ quand un cabinet d'études brestois avait relevé 1.300Bq/m³... «Une radioactivité importante, sans trop vous effrayer...». Cette baisse est due au pompage de ce gaz radioactif naturel et incolore, très présent dans les sous-sols bretons, qui s'infiltre et s'accumule dans les bâtiments mal ventilés. On lui a attribué quelque 200 morts ? surtout des cancers du poumon ? chaque année, dans la région , très fournie en granit dans ses constructions. Une roche où le radon se plaît.
Les «hommes verts»...
Parad ? de son véritable nom Parad Limited Radon and Thoron System ? est une entreprise fondée au tout début des années 2000 et qui compte une dizaine d'employés. Elle est immatriculée en Angleterre et devrait ouvrir, un jour, une succursale dans la cité du Ponant. Cette semaine, elle intervenait sur deux chantiers sur le territoire de Brest Métropole Océane (BMO): dans cette école de Bohars donc, et dans les locaux qui abritaient l'ancienne capitainerie, sur le port de commerce brestois. Début 2010, si tout se passe bien, c'est le réseau d'échange technique Aires marines protégées françaises qui s'y installera. Le gaz, issu du radium, lui-même provenant de l'uranium naturel, devrait alors se faire bien plus discret sur place, contrairement au tout début des travaux: jeudi, le compteur Geiger de Jean Pronost indiquait 1.100Bq/m³... Ses «hommes verts», comme ils sont appelés de l'autre côté de la Manche en raison de leur tenue de travail, ont oeuvré toute la semaine. La première phase de leur intervention. L'objectif étant d'installer le dispositif censé pomper le radon et le relâcher dans l'air, là où il s'avère moins nocif. «On en a retrouvé à 300km d'altitude...». Dans trois à quatre mois, l'équipe reviendra pour les premiers tests officiels, après avoir scellé un boîtier électrique dans un mur. Comme à Bohars, chantier entré dans son ultime phase. Un organisme différent de Parad validera les mesures.
«En retard d'une guerre»
«Le radon est un problème de santé publique et nous sommes en retard d'une guerre par rapport à l'Angleterre», prévient Jean Pronost, dont la carte de visite parle pour lui: spécialiste des questions nucléaires, ingénieur général de l'armement, expert près de la cour d'appel de Paris, agréé par la cour de cassation, et la cour européenne d'arbitrage et de médiation. En 2007, Margot Tirmarche, responsable du laboratoire d'épidémiologie de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) relativisait: «Il faut savoir que la durée d'exposition prise en compte pour évoquer un risque de cancer du poumon est de trente années».
© Copyright Le Télégramme 2009