10 avril 2009
Premier meeting, hier à Brest, des listes Europe- écologie. José Bové y a défendu l'idée d'un «plan européen de relance écologique», permettant de «créer dix millions d'emplois verts en dix ans».
N'est-il pas difficile pour les écologistes de se faire entendre dans le cadre de cette campagne européenne, quand l'époque est surtout dominée par les préoccupations sociales?
La crise actuelle est née il y a 18mois, avec les émeutes de la faim dans plusieurs pays. La crise économique et financière a suivi. Pendant ce temps, la crise climatique se poursuit. En réalité, on assiste à une addition de crises mondiales qu'il faut traiter en même temps. A l'inverse de la politique économique catastrophique de Sarkozy, nous proposons un plan européen de relance écologique, permettant d'investir sur le long terme. Nous parions qu'avec 1.000milliards d'euros, nous pouvons créer 10millions d'emplois verts en dix ans. Sans changement radical de politique, l'effet de serre finira par faire exploser la planète et la solution ne peut pas être nationale.
Ne craignez-vous pas que les listes du NPA d'Olivier Besancenot vous taillent des croupières le 7juin?
A l'évidence, la plupart des forces politiques, le NPA comme le PS, l'UMP ou le MoDem, font cette campagne à reculons, en espérant qu'elle sera courte, avec le risque de tromper les électeurs sur les vrais enjeux. Pour en revenir à Besancenot, humainement je n'ai rien à lui reprocher mais je ne pense pas que la critique du capitalisme permette, à elle seule, de résoudre les problèmes écologiques de la planète...
Que vous inspire la radicalisation des conflits sociaux à laquelle on assiste ces derniers temps?
Ce que je remarque, c'est que les actions spectaculaires des salariés se traduisent par des avancées pour leurs revendications. Bien? Mal? Comme dit un vieux dicton chinois, "quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt"... La vraie question est de savoir pourquoi ils sont conduits à de tels modes opératoires pour se faire entendre! Les vrais responsables de ces situations sont clairement le Medef et le président de la République qui bloquent tout dialogue social.
Êtes-vous confiant sur le résultat de vos listes à ces européennes?
Nous espérons au moins un élu dans chacune des huit grandes régions. Et, pour cela, nous menons une campagne sur des thèmes européens, une campagne qui, elle au moins, ne prend pas les citoyens pour des gogos.
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