9 avril 2009
La statistique est une science à considérer avec délicatesse. Les chiffres du bac 2008 sont donc à prendre avec des pincettes. Même si, à Pont-l'Abbé, ils confirment les qualités des deux lycées.
90% à Laennec (*) pour les séries générales et technologiques. 89% à Saint-Gabriel pour le bac général. Seul un potache de terminale sur dix a donc loupé sa sortie de lycée à Pont-l'Abbé. Les petits bigoudens, à l'image de leurs camarades bretons, sont donc toujours à ranger dans la catégorie des bons élèves. À simplement regarder les résultats fournis par le ministère de l'éducation nationale, ces chiffres sont pourtant un peu moins bons qu'en 2007. Un cru d'une rare qualité, avec 94% de bacheliers à Laennec et 96% à Saint-Gabriel. À y regarder de plus près, c'est surtout pour les L que ça ne plane pas, 82% de reçus à Laennec, 71% à Saint-Gabriel (89,3% pour l'académie). Mais Ronan Cariou, directeur du Lycée Saint-Gabriel, tient à relativiser. «Pour les L, c'est vrai, les pourcentages sont moins bons. Pour nous, et à Laennec aussi. C'est peut-être une question de jury. Mais les chiffres, surtout les pourcentages, il faut toujours les nuancer. Ca dépend aussi du nombre de candidats qu'on présente».
Des lycées à taille humaine
Dans les autres filières de terminale, les résultats sont par contre supérieurs aux moyennes académiques. «Dans l'ensemble, c'est une bonne cuvée, ce bac 2008», juge Ronan Cariou. Pour les bac pro aussi, où Saint-Gabriel est au-dessus de la moyenne académique, même si à Laennec, avec un faible nombre de candidats, le pourcentage de réussite (75%) doit lui aussi être relativisé. Avec ces deux résultats, les deux établissements confirment donc leurs atouts. Au premier rang desquels des structures à taille humaine, bac pros compris. 135candidats à Saint-Gabriel, 174 à Laennec, dirigé par Martine Caillard, de quoi garantir un certain suivi des élèves par les équipes éducatives. Dont le travail, certes salué au soir du bac, commence dès l'entrée au lycée et passe notamment par des orientations réussies en fin de seconde.
Le passage du bac
Reste que les lycées ne s'arrêtent pas au commentaire de ces chiffres. «La réussite ne se mesure pas seulement aux pourcentages de reçus aux examens, poursuit le directeur de Saint-Gabriel. Il faut se demander quelle signification on donne au mot réussite. La vraie, je crois, c'est l'insertion professionnelle». Et si le devenir des bac pro, en situation d'entrée sur le marché du travail, est assez aisément traçable par les responsables des établissements, celui des bacheliers des séries générales et technologiques est plus difficile à recenser. D'où un projet qu'est en train de développer Saint-Gabriel. «On est en train de monter un "suivi de cohorte", qui nous permettra de savoir, au bout de cinq ans, ce que deviennent les bacheliers et comment ils s'inscrivent dans le monde professionnel», conclut Ronan Cariou. Car le bac n'est un passage et les deux lycées Pont-l'Abbistes l'ont bien compris.
* En cette semaine de vacances scolaires, la direction du lycée Laennec n'a pu être jointe hier.
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