8 avril 2009
Son élection au Sénat fut l'une des surprises du scrutin de septembre. Le socialiste Jean-Luc Fichet est aujourd'hui comme un poisson dans l'eau dans les allées de la haute assemblée, où nous l'avons suivi durant une journée, le mardi 31mars.
6h30: Réveil après une nuit passée dans un hôtel proche des Jardins du Luxembourg. «J'ai l'habitude de me lever tôt pour amener ma fille au lycée Tristan-Corbière. J'adore le calme du matin. C'est le moment où l'on est le plus efficace...».
7h30:
Le sénateur breton franchit les portes de la Haute Assemblée. Il commence par déposer quelques affaires dans le placard du vestibule, qu'il partage avec l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. «Comme quoi, au Sénat, on n'est pas sectaire...». Café croissant dans la buvette des sénateurs, où il croise des collègues élus. Certains ont passé la nuit dans leurs bureaux.
8h:
Jean-Luc Fichet rejoint son propre bureau, au confort spartiate. Une télé diffuse les premiers débats de la journée, retransmis sur la chaîne Public Sénat. Son assistant parlementaire parisien, Émeric Heydel, est présent. Les deux hommes font le point sur le programme d'une journée qui s'annonce chargée. Un coup d'oeil sur la revue de presse des journaux bretons du jour, faxée par Hélène Sablon, l'autre assistante du sénateur, basée à Lanmeur.
9h30
: Jean-Luc Fichet enfile son costume de guide pour nous présenter l'intérieur du Palais du Luxembourg. Construit à partir de 1615 par Marie de Médicis, le Sénat est un véritable labyrinthe. «On y parcourt des kilomètres et il arrive d'y rencontrer d'anciens sénateurs ne se remettant pas d'avoir perdu leurs sièges et errant dans les couloirs», raconte Jean-Luc Fichet.
10h:
Un passage à la bibliothèque. 400.000 volumes, dont de nombreux trésors, y sont recensés. Les plafonds, magnifiques, ont été peints par Eugène Delacroix. Jean-Luc Fichet apprécie la quiétude du lieu «pour travailler». Des fenêtres de cet écrin empreint d'histoire, on plonge directement dans les Jardins du Luxembourg.
10h30:
Le sénateur breton s'installe dans l'hémicycle. La séance est présidée par le vice-président, Jean-Claude Gaudin. Dix-huit questions orales sont à l'ordre du jour.
11h15:
«Nous poursuivons par une question posée par notre collègue Jean-Luc Fichet», annonce avec son accent chantant le sénateur et maire de Marseille. La demande porte sur l'avenir de l'élevage des chevaux de trait.
11h20:
Michel Barnier a tenu à répondre lui-même au sénateur breton. «Vous évoquez un sujet auquel je suis très attaché...», débute le ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Jean-Luc Fichet le remercie. Dans les couloirs, il affiche sa confiance. «Michel Barnier est attaché à la question agricole. J'avais peur que ce soit Marleix (*) qui réponde en se contentant de lire un texte fourni par le ministère...».
11h45:
Jean-Luc Fichet retrouve les sénateurs socialistes, salle Clemenceau. Le fameux «bouclier fiscal» est dans le collimateur du groupe de gauche. «Sur le décret de Sarkozy, on est tous vents debout!».
13h10:
Pause repas au restaurant du Sénat, «l'une des meilleures tables de Paris», savoure le sénateur qui se régale d'artichauts à l'aigre-doux et d'un pavé de julienne.
16h:
Retour dans l'hémicycle. Cette fois, les sénateurs se penchent sur le projet de loi de finances rectificative 2009. Gérard Larcher a repris son fauteuil de président.
20h:
Repas avec les sénateurs bretons de gauche, dans un restaurant du boulevard Raspail. Jean-Luc Fichet évoque les menaces qui pèsent sur les IUT.
22h
: Retour, pour la troisième et dernière fois, dans l'hémicycle. «Je tiens à être présent parce que les questions de finances m'apparaissent essentielles».
0h30:
Fin de la journée parlementaire et retour à l'hôtel. «Contrairement à certaines idées reçues, on travaille beaucoup au Sénat», témoigne Jean-Luc Fichet. Avant de dormir, le sénateur achève l'ultime volume de la trilogie «Millenium», du Suédois Stieg Larsson. À son réveil, il achètera le Canard Enchaîné. «J'en suis un fervent lecteur». Demain, Jean-Luc Fichet sera de retour dans sa commune. «Sans plaider pour le cumul des mandats, je suis persuadé que les mandats locaux enrichissent et rendent efficace notre vie de parlementaires».
(*) : Secrétaire d'État à l'Intérieur et aux Collectivités territoriales.
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