7 avril 2009
Invité par la municipalité, Charles LeLaouénan, apiculteur de référence, a donné une conférence sur l'abeille, samedi à la médiathèque.
«Ensemble, sauvons les abeilles». Tel est le cri d'alarme de nombreux écologistes et de beaucoup d'apiculteurs. Depuis une vingtaine d'années, en effet, elles sont frappées par un mal mystérieux. Que ce soit en Europe, en Asie ou en Amérique, les abeilles meurent par millions. Selon les spécialistes, faute de pollinisation, les arbres ne produisent plus de fruits et tout l'écosystème est menacé. «En Chine, des hommes doivent se charger de la pollinisation...» C'est avec beaucoup d'attention qu'une trentaine de personnes a suivi la conférence de Charles LeLaouénan, samedi après-midi. Apiculteur de référence, correspondant départemental de l'association nationale Jardiniers de France, pendant près de deuxheures, il a exposé l'histoire des abeilles et la présence de ruches en Europe depuis le IVesiècle avantJ.-C., leur fonctionnement, le Conservatoire de l'abeille noire d'Ouessant, etc. «Le département des Côtes-d'Armor compte environ 12.500ruches. D'après un recensement, en 1873, il en comptait dix fois plus.»
Victimes des pesticides
Le conférencier a insisté sur les raisons de l'hécatombe qui touche les abeilles. Le Verroa destructor, acarien nuisible aux abeilles, la grippe ou encore les impulsions électromagnétiques des antennes relais. Cependant, la piste privilégiée reste celle des pesticides. Les abeilles sont exposées à ces substances chimiques et seules les plus solides parviennent à survivre. Mais celles-ci rapportent à la ruche les pollens contaminés, fatals pour les autres.
La ville, un refuge pour les abeilles
Paradoxalement, les villes pourraient constituer un refuge pour les abeilles, protégées des traitements phytosanitaires lourds utilisées dans les cultures agricoles. Les jardins citadins peuvent offrir une variété et un enchaînement de floraison permettant un butinage plus long et plus sain, à condition de jardiner au naturel. «Il y a 50 ans, le miel de Paris était interdit à la consommation. Aujourd'hui, il est à nouveau consommable. On trouve des ruches sur le toit de l'Opéra ou au jardin du Luxembourg», a expliqué l'apiculteur. Quatre ruches seront prochainement installées à Guingamp, deux au château de Pierre II et deux sur les terres des services jardins. Parmi les auditeurs, plusieurs apiculteurs étaient présents. Tous ont fait le même constat: ils ont perdu cette année encore plus de 50% de leur cheptel. Il faudra racheter des essaims au prix fort. «Alors si vous en trouvez un, surtout pas d'affolement, les abeilles ne vous feront rien, ne vous piqueront pas. Il suffit d'appeler un apiculteur qui, en une petite demi-heure, récupérera l'essaim.»
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