3 avril 2009
La nouvelle est tombée hier, la direction des Kaolins de Bretagne envisage de supprimer 36 postes à Ploemeur et Berrien (dans le Finistère). Les syndicats ont le sentiment d'avoir été trahis.
Cela faisait quelques mois déjà que les Kaolins de Bretagne connaissaient des difficultés. Hier, l'horizon s'est brusquement assombri avec l'annonce d'un plan social. 36emplois sont concernés: 25 à Ploemeur, sur les 92 postes actuels, et onze sur 32 à Berrien dans le Finistère, près d'Huelgoat. Depuis février, les Kaolins de Bretagne appartenant au groupe Imerys Ceramics France connaissaient une période de chômage partiel. C'était une première mesure pour faire face à une baisse d'activité ressentie depuis octobre2008. «Nous avions attendu au maximum avant de prendre cette décision», assure Bruno Vandermarcq, le directeur des sites de Ploemeur et de Berrien. Mais voilà, aujourd'hui la direction a décidé d'aller plus loin. «Nos débouchés concernent la fabrication de céramique industrielle (carrelage, sanitaire et fibre de verre), mais aussi ce que l'on appelle la charge minérale qui comprend les peintures, plastiques et les caoutchoucs. Or, de plus en plus de produits sont fabriqués en Turquie, en Pologne, au Moyen Orient mais aussi en Asie et ces clients se fournissent localement. À cela il faut ajouter les effets de la crise», explique Bruno Vandermarcq. «En 15 mois nous avons réduit nos volumes de 42%». Dernièrement, l'entreprise a perdu un marché dans le domaine de la fibre de verre. Quant aux fabricants de carrelage, notamment espagnols, ils sont nombreux à avoir mis la clé sous la porte récemment.
Sauver les deux sites
«Aujourd'hui, notre objectif c'est de sauver les deux sites. Pour cela nous devons nous adapter», justifie Bruno Vandermarcq. Et ce n'est pas parce que les Kaolins, soutenus par le Pôle Mer Bretagne, envisagent de cultiver des micro-algues dans les carrières pour produire du biocarburant (Le Télégramme du 18mars) que cela va changer la donne. «C'est un projet embryonnaire qui comporte de nombreuses incertitudes. En aucun cas, il ne peut pallier à la situation actuelle. C'est un projet à moyen-long terme», estime le directeur.
«Nous avons été trompés»
En apprenant la nouvelle, hier les syndicats avaient le sentiment d'avoir été trahis. «En 2006, quand le groupe Imérys a repris les Kaolins de Bretagne, nous avions confiance, mais nous avons été trompés». À l'époque, ce changement de direction était déjà accompagné de quinze licenciements. Lundi, les délégués syndicaux se rendront à Paris pour assister au comité central d'entreprise et tenter d'en savoir plus sur les postes concernés par ce nouveau plan social. De son côté, Loïc Le Meur, maire de Ploemeur se dit «estomaqué par cette nouvelle. Nous avons toujours soutenu les Kaolins dans leurs projets de diversification et de développement. Imérys est un groupe puissant qui doit pouvoir trouver des solutions en son sein pour éviter une telle solution». Pas sûr que la direction du groupe entende l'appel de l'élu.
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