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Quimper ville

Santé. L'hôpital défend sa chirurgie auprès du préfet

3 avril 2009

Cliniques modernisées, suroccupation chronique de l'hôpital. Au coeur des enjeux: la répartition de la chirurgie. Hier, l'hôpital a décrit ses atouts, ambitions et contraintes au préfet en visite.

Le préfet Pascal Mailhos en discussion dans l'unité chirurgicale de jour de l'hôpital hier.

Fin de visite préfectorale, hier midi, dans un hall du centre hospitalier de Cornouaille (Chic). «S'il y a un enjeu c'est de garder une chirurgie publique de qualité ici», insiste Gilles Méhu, le président de la commission médicale d'établissement, auprès du préfet du Finistère Pascal Mailhos. L'insistance n'est pas fortuite. Pour faire face à une suroccupation chronique, l'hôpital avait dû, en début d'année, déprogrammer des interventions chirurgicales pour accueillir des patients. Quitte à fragiliser la place de sa chirurgie par rapport à celle des cliniques locales, dans un contexte de recomposition sanitaire territoriale. Pas étonnant donc que l'équipe du centre hospitalier ait entraîné hier le préfet dans deux services de chirurgie, dont les performances s'appuient sur une organisation et une programmation rigoureuses et se révèlent sources d'économies.

36% d'ambulatoire

L'unité chirurgicale hebdomadaire d'abord: 1.640 patients opérés entre son ouverture en octobre2007 et mars2009. «Un taux d'occupation de 80% et un taux de transfert en fin de semaine de 3%, contre 30% dans beaucoup d'activités», a fait valoir Loïc Ferrand, son médecin coordinateur. «Dix-sept chirurgiens y interviennent pour une trentaine de gestes différents», a-t-il précisé. Puis direction l'unité chirurgicale de jour dédiée à l'ambulatoire: 3.580 interventions en 2008 sur un total d'environ 10.000 au Chic. Soit une proportion de près de 36% pour un objectif national, à l'horizon non fixé, de 80%! «Comme tous les établissements bretons, nous sommes sous-dimensionnés ici», assure au préfet Gilles Cuvelier, le médecin coordinateur de l'unité et responsable médical du pôle chirurgie. Le chirurgien estime «de 250 à 500 le nombre de patients qui ne sont pas entrés dans l'unité en 2008 faute de places suffisantes». Il envisage «d'augmenter la rotation des patients en en mettant plus dans des fauteuils» et non des lits, sachant que l'unité ne pratique pas de chirurgie lourde.

Plus d'économies

Selon Gilles Cuvelier, qui pilote le plan régional de développement ambulatoire, «l'ambulatoire c'est l'avenir de la chirurgie». Pour quelles raisons? «C'est plus de qualité et de sécurité pour le patient, décrit-il. Plus de qualité, car ça nous oblige à des progrès permanents en chirurgie et anesthésie. Plus de sécurité, car la courte durée de séjour réduit de façon très notable le risque d'infections nosocomiales.Et en dix ans, 35.000 opérations, nous n'avons eu que 17ré-hospitalisations». «C'est aussi un bloc efficient et plus économique: une intervention conventionnelle c'est 100% de moyens, une intervention en hebdomadaire 60% et en ambulatoire 40%. Ça libère donc des moyens que l'on peut affecter ailleurs, pour la prise en charge des personnes âgées par exemple», insiste Gilles Cuvelier. Retour dans le hall. Réponse du préfet à Gilles Méhu: «Vous avez les atouts, les équipes, les techniques pour réussir. Mais ça se fera dans la complémentarité en Cornouaille. On ne peut pas être performant partout!».

  • Bruno Salaün

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