3 avril 2009
Les simulations virtuelles ne suffisent pas toujours. Christophe Dietsch (Atelier Bois et Composites) vient de réaliser une maquette à l'échelle pour le futur trimaran d'Hervé Cléris.
À 61 ans, l'orthodontiste brestois installé rue Colbert embarque dans une sacrée aventure avec ce tout nouveau trimaran sponsorisé par Prince de Bretagne (légumes frais). Un magnifique pari au coeur d'une classe en passe de prendre son véritable envol.
Trois trimarans en chantier
Prince-de-Bretagne (15,24m de longueur pour 14m de largeur) est actuellement en construction chez Marsaudon à Lorient. Dessinée par Nigel Irens et Benoît Cabaret, la bête de course est des plus attendues dans le milieu puisque deux autres trimarans de 50 pieds sont actuellement en construction, Actual-Interim d'Yves Le Blévec et Crêpes-Whaou! 3 du Malouin Franck-Yves Escoffier. Prince-de-Bretagne aura un sérieux air de famille avec Sodébo (même architecte) et sera délibérément orienté vers les conditions océaniques (un poids de quatre tonnes prévu en départ de course).
Dix ans de collaboration
C'est tout naturellement qu'Hervé Cléris a renouvelé sa confiance à Christophe Dietsch (38 ans), son préparateur depuis dix ans, un technicien et un marin atypique connu pour sa grande polyvalence. Son côté «old school» (quand on le voit arriver à bord sa vénérable 4L) en fait une personnalité délicieusement décalée dans le milieu de la course au large. Capable de travailler le bois comme le composite, de réaliserles appendices les plus complexes élaborés sous vide, ce menuisier de formation est tout aussi à l'aise en électricité que dans le gréement. Marin confirmé, il devient, à l'occasion, un équipier idéal comme sur la dernière transat Québec-Saint-Malo où le duo se classe troisième.
Ergonomie du pont
«Nous voulions travailler sur l'ergonomie de la plage arrière, l'endroit où sont concentrées les commandes du trimaran». Les simulations informatiques proposées par les architectes ne suffisaient pas au skipper et à son préparateur. «Sur ces bateaux menés en double et en solitaire, qui naviguent sur une seule coque, la moindre imprécisionse paye cash». Même si les architectes n'étaient pas convaincus par leur démarche, les deux hommes ont entrepris cette reconstitution à l'identique afin de positionner idéalement les postes de barre, les winches, de définir les hauteurs de travail et de se faire une idée de la circulation générale à l'extérieur et à l'entrée du cockpit. Le bateau devrait toucher l'eau à la fin juillet. La première épreuve est visée fin août à Saint-Quay. Les gros objectifs restent les prochaines Jacques Vabre et Route du Rhum.
Le trimaran devrait rejoindre le nouveau port du château et l'espace dédié aux voiliers de la course au large.
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