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Fait du jour

G 20. Maxi-sommet, mini-ambition

31 mars 2009

Les dirigeants du G 20 se réunissent jeudi à Londres pour un sommet d'une journée censé marquer un point décisif contre la crise. Mais d'ores et déjà, il semble que les Américains et les Européens se satisferont d'une simple déclaration d'unité.

Pour contrecarrer une récession économique dont personne ne connaît l'ampleur ni la durée, les Américains sont favorables à toujours plus de relance. Ce sera le message de leur nouveau président Barack Obama qui participera jeudi à son premier G 20 et fera ses premiers pas en Europe. De leur côté, les Européens s'inquiètent du gonflement de leurs déficits. Avant de nouveaux efforts, ils voudraient voir le résultat de l'injection dans les banques et l'économie mondiale de milliers de milliards de dollars.

Un contexte très difficile

Pour ne fâcher personne, le G 20 devrait donc surtout rappeler les engagements pris et promettre de faire plus si nécessaire. La réunion de Londres qui regroupe des pays concentrant 90% de la richesse mondiale (le G 7, l'Union européenne et les grands pays émergents, dont l'Inde, la Chine et le Brésil) a lieu dans un contexte encore plus difficile que le premier sommet consacré à la crise organisé le 15novembre à Washington. Le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoyait alors une croissance mondiale de 2,2% en 2009, prédit désormais une récession avec une contraction de 1% du PIB mondial. Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet perçoit un consensus sur «une reprise modérée de la croissance» en 2010 mais d'autres sont plus inquiets. Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a dit redouter une «crise politique mondiale» si le G20 ne s'accorde pas sur une stratégie. Outre la problématique de la relance, le sommet devra chercher un compromis sur la régulation et la supervision financières. À terme, aucun acteur financier, pas même les fonds spéculatifs ou les agences de notation, ne devrait pouvoir échapper à une réglementation. À l'initiative de la France et de l'Allemagne, une place sera réservée à la lutte contre les paradis fiscaux. La menace d'une «liste noire» a déjà poussé des pays comme le Luxembourg, l'Autriche et la Belgique, et même la Suisse, à assouplir leur secret bancaire.

Des espoirs douchés

D'ores et déjà le G20 de Londres ne devrait être qu'une étape. Le président américain Barack Obama et les responsables britanniques ont en effet douché depuis dimanche les derniers espoirs d'un accord historique jeudi à Londres. Une nouvelle réunion d'ici l'automne est même déjà évoquée. De part et d'autre de l'Atlantique, les responsables soulignent la forte détermination d'union entre pays du G20, qui ont déjà trouvé des accords de principe sur l'augmentation des ressources du Fonds monétaire international, le lancement des réformes de régulation ou la lutte contre les paradis fiscaux. Mais l'ensemble des dirigeants laisse entendre de plus en plus explicitement que ceG20 n'est pas une fin en soi. Le président américain Barack Obama a estimé hier que «la tâche la plus urgente qui nous incombe à tous est d'adresser un message fort d'unité face à la crise». Le Premier ministre britannique Gordon Brown, hôte de la réunion et lui-même confronté à domicile à un appel à la prudence budgétaire du gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King, avait déjà dit la semaine dernière que l'essentiel était que ce G 20 montre une volonté d'agir «ensemble».

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