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Morbihan

Urgences. Antoine Perrin contredit les propos de Vitalia

20 mars 2009

Le directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation apporte la contradiction au patron du groupe Vitalia (Le Télégramme d'hier): «Pas question de payer pour des urgences qui n'ont pas d'existence officielle».

Antoine Perrin, le directeur de l'agence régionale de l'hospitalisation, se dit très surpris des propos tenus par Christian Le Dorze, le patron du groupe Vitalia. Photo archives Virginie Lacaze

Dans notre édition d'hier, Christian Le Dorze, le directeur général du groupe privé de santé Vitalia, a accusé l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de le contraindre à fermer les services d'urgences et de réanimation de la clinique Océane à Vannes. Antoine Perrin, le directeur de l'ARH - qui est l'autorité de tutelle en la matière - s'étonne de ces propos. «M.Le Dorze s'exprime sur un sujet qui est réglé depuis 2006. Il revendique l'autorisation d'exercer une activité alors qu'elle a été refusée à la clinique vannetaise lors de l'adoption du schéma régional d'organisation des soins (SROS). Ce schéma a été établi sur la base des conclusions des comités techniques régionaux de réanimation et des urgences qui rassemblent les réanimateurs et les urgentistes. Ces médecins ont estimé qu'il existe déjà un service par territoire et qu'il n'est pas nécessaire d'en créer un autre. Les seules exceptions sont les secteurs où il y a un centre hospitalier universitaire (CHU) et une population beaucoup plus importante. À Vannes, pour les urgences et la réanimation, c'est le centre hospitalier».

Recours d'Océane rejeté par la ministre

Antoine Perrin rappelle que la clinique Océane a introduit un recours contre le SROS auprès du ministre de la Santé. «La réponse du ministère est tombée en janvier2008. Elle est négative. Et comme le SROS est opposable, je ne suis pas autorisé à payer la clinique Océane pour un service qu'elle-même n'est pas autorisée à ouvrir». Antoine Perrin se défend d'avoir une position de principe: «J'ai à nouveau consulté le comité régional technique des médecins, il y a un mois et demi, pour vérifier la situation. La réponse reste la même. Vitalia a juste voulu passer en force...».

Pas d'inquiétudes pour l'hôpital pendant l'été

Que vont devenir les patients des urgences de la clinique Océane après le 30juin, quand le service aura été fermé par Vitalia? L'hôpital de Vannes va-t-il réussir à soigner ces malades? «Je n'ai aucune inquiétude en la matière, si j'en juge par la situation dans des territoires équivalents. Les 15.000 passages avancés par Vitalia sont en réalité pour la plupart des consultations non programmées. En ouvrant son service d'urgences, Océane a créé un besoin. Les gens n'avaient pas à prendre de rendez-vous, ils allaient directement aux urgences. D'ailleurs, Océane avait déjà fermé ses urgences de nuit, sans la moindre incidence pour l'hôpital. On peut s'attendre à ce qu'un tiers des patients des urgences d'Océane s'adressent à l'hôpital. J'ai donc demandé au directeur de l'hôpital de Vannes de revoir la gestion et l'organisation des urgences hospitalières pour l'été. Sachant que les urgences d'Auray seront rouvertes pendant la période estivale».

Personnels reclassés

Quant aux salariés de la clinique Océane qui sont concernés par la fermeture des services, il n'est pas question de les laisser sur le carreau. J'ai demandé au directeur de la Ddass de se rapprocher des chefs d'établissements de santé pour trouver des solutions de reclassement».

  • Flore Limantour

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