• LeTélégramme.com

Economie

Bigard-Socopa. Une fusion rapide

20 mars 2009

Denis Manach (Coopagri-Bretagne) et Bernard Tréguer (Bigard). Photo F.L.G.

Opérationnel depuis quelques jours, Socopa Viande, le nouveau géant français de la viande issue du mariage entre Bigard et Socopa est prêt à en découdre sur le marché européen. Trois marques commerciales (Bigard, Charal, Valtero) 17.500 salariés, une trentaine d'usines, plus d'un million de tonnes de viande (boeuf, porc et veau) 4,5 milliards de chiffres d'affaires: c'est un mastodonte de la viande qui s'impose désormais dans le paysage agroalimentaire français. Il aura fallu moins d'un an de négociations pour que les deux groupes concurrents, trouvent un terrain d'entente. Pas si évident pourtant de marier un industriel privé à un groupe coopératif. «C'est une alliance exceptionnelle en terme de rapidité. C'était une volonté des deux groupes d'aller vite», ont confié, hier à Rennes, Denis Manach, président de Coopagri-Bretagne, groupe actionnaire de Socopa et Bernard Tréguer, directeur général adjoint de Bigard. Devant les producteurs bovins de Coopagri-Bretagne qui livrent plus de 30.000 animaux à Socopa, les représentants des deux groupes ont expliqué les enjeux de ce rapprochement. Pour Socopa, fortement endetté après deux années d'exercice déficitaires, un tel choix s'est imposé : «soit les actionnaires mettaient de l'argent, soit on trouvait un partenaire avec lequel on pouvait discuter. On a choisi de s'adosser à Bigard», a indiqué Denis Manach. «Cette fusion permet de renforcer nos capacités industrielles et notre poids sur le marché afin de retrouver une rentabilité compléte et suffisante», explique de son côté Bernard Tréguer.

«Pas de révolution»

Autant pour les salariés que pour les producteurs, le groupe Bigard promet qu'il n'y aura pas de révolution. «Les réseaux actuels sont complémentaires et continueront à travailler comme avant». La nouvelle filiale Socopa viande représente désormais 50% des abattages de bovins en France. Pas question pour autant de parler de monopole. «Il reste un terrain de concurrence très fort avec beaucoup de compétiteurs». Rappelons quand même que la DGCCRF a imposé aux deux partenaires de se séparer d'ici la fin de l'année de cinq usines dans le Nord et dans l'Est.

  • Frédérique Le Gall

© Copyright Le Télégramme 2009